Genève

13 juin 2016 18:32; Act: 13.06.2016 19:54 Print

Les requérants doivent quitter Frank-Thomas

par Léonard Boissonnas - Les demandeurs d’asile logés aux Eaux-Vives doivent quitter leur lieu d’habitation. L’Etat avait suspendu leur déménagement fin mai.

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La parcelle occupée par le foyer Frank-Thomas doit faire place au chantier du CEVA d'ici la fin de l'année. (Photo: leo/20min)

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Le sursis aura été de courte durée. Moins de trois semaines après avoir appris la suspension temporaire de leur transfert, une quarantaine de demandeurs d’asile logés au foyer Frank-Thomas, aux Eaux-Vives, doivent quitter leur habitation d'ici au 30 juin. Neuf d’entre eux ont déjà reçu un courrier jeudi dernier les informant de leur déménagement vers le centre Appia, aux Nations, prévu entre ce mardi et ce jeudi.

Les résidents du foyer s’étaient opposés en mai à leur déménagement, initialement agendé à la fin du mois dernier. Ils mettaient en avant leur intégration, bien avancée, et contestaient notamment le fait d’être relogés dans des chambres collectives alors qu’ils bénéficiaient jusque-là d’un espace individuel. A la suite d’une réunion au cours de laquelle les requérants et le collectif Perce-frontières avaient exprimé leurs doléances, le conseiller d’Etat Mauro Poggia, chargé des affaires sociales, avait suspendu les relogements. Plusieurs points, dont la durée de vie du bâtiment de Frank-Thomas et son éventuel empiétement sur le chantier du CEVA, devaient en effet être éclaircis avec les services concernés.

Nombreuses arrivés attendues durant l'été

Ayant obtenu la confirmation que la parcelle devait être mise à disposition du chantier du CEVA avant la fin de l’année, les autorités ont décidé de libérer le foyer de Frank-Thomas d’ici fin juin, a indiqué lundi le Département des affaires sociales et de la santé (DEAS). L'Hospice général dit craindre que, si les résidents restent encore quelques mois dans le bâtiment, ils ne puissent plus être relogés qu’en abris PC, une arrivée importante de réfugiés étant encore attendue durant l’été.

Le collectif Perce-frontières conteste le procédé, estimant qu’il s’agit d’un «chantage aux bunkers»: «S’ils n’acceptent pas de déménager dès aujourd’hui, ils n’auront plus que des places sous-terre fin 2016», explique le collectif. Celui-ci exige l’annulation des transferts en cours et réclame des solutions de relogement qui ne péjorent pas les conditions de vie des résidents de Frank-Thomas. Il déplore en outre un manque de volonté politique: «Les solutions existent, mais il faut avoir envie de les trouver», plaide Thibaut Vibert, un des représentants de Perce-frontières. De son côté, la Coordination asile pointe la manière dont ces transferts sont effectués et un «manque d’anticipation flagrant» de la part de l’Hospice général, la pénurie de places n’étant pas nouvelle. Les résidents de Frank-Thomas, eux, invitent la population à partager un petit-déjeuner de soutien mardi et jeudi à 8h devant leur foyer. Ils y feront part de leur situation et de leurs inquiétudes.