04 janvier 2007 22:59; Act: 04.01.2007 22:22 Print

Les trains produisent aussi des particules nocives

GENEVE – Les usagers du train sont soumis à leur insu à un type de particules fines émises par le trafic ferroviaire.

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«Il me suffit d’un coup d’œil pour reconnaître les pendulaires du rail. Leurs lentilles de contact sont couvertes de particules. Surtout les lentilles de longue durée», explique l’opticien Thierry Perroud. «Le taux de particules fines est en effet plus important dans les gares», confirme Jean Simos, directeur adjoint de l’Office cantonal genevois de la santé.
Cette concentration alarmante a été chiffrée par les Chemins de fer fédéraux. Selon les CFF, l’ensemble du trafic ferroviaire en Suisse a produit quelque 1100 tonnes de poussières fines en 2004. Soit 11% des particules émises par le transport en général. A titre de comparaison, pour le même nombre de passagers et de marchandises transportés, les émissions du rail sont à peu près équivalentes à celles de la route.
Cette pollution est notamment produite par le freinage des trains. «Il n’est alors pas possible d’éviter le frottement de métal, concède Jean-Louis Scherz, porte-parole des CFF. Néanmoins, le type de particules émises reste nettement moins nocif pour la santé que celui des moteurs à combustion», nuance-t-il. Une voie rassurante que ne partage pas Régula Rapp, docteur en prévention et santé de l’Université de Bâle. «Les particules ferreuses ne sont pas moins toxiques que les poussières issues de la combustion. Les métaux aussi s’attaquent aux cellules», avertit-elle. Un constat que Thierry Rochat, chef du service de pneumologie de l’Hôpital cantonal de Genève, préfère minimiser en attendant de nouvelles études. «Les usagers sont clairement exposés, mais l’atteinte sur la santé est probablement moindre qu’avec les particules du trafic routier.»

Renaud Bournoud