Genève

08 novembre 2019 15:08; Act: 08.11.2019 17:40 Print

Japan Tobacco: la justice tranchera

Le conflit entre Japan Tobacco et les employés du site genevois licenciés sera soumis à un tribunal. L'entreprise indique ne pas avoir eu le choix. Unia dénonce une «fuite en avant».

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Le 22 octobre, environ 80 employés de JTI s'étaient réunis devant le bâtiment situé à Sécheron pour un rassemblement de solidarité. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Le dialogue est rompu entre Japan Tobacco International (JTI) et les représentants du personnel de son siège, à Genève. La direction de l'entreprise de tabac a annoncé jeudi soir avoir saisi le Tribunal arbitral pour régler le conflit qui l'oppose à ses employés remerciés.

Offre insuffisante

Pour rappel, la multinationale avait annoncé en septembre une vaste restructuration à l'échelle mondiale, prévoyant notamment la suppression de 268 postes au bout du lac. Le plan social proposé par l'entreprise était jugé insuffisant par les employés concernés.

Malgré les tentatives de négociation qui ont eu lieu entre la direction de l'entreprise et une délégation du personnel, «il subsiste un écart très important entre les attentes des représentants des employés et ce que JTI peut raisonnablement offrir, indique le cigarettier. Sur cette base, nous avons conclu que nous ne pouvions pas parvenir à un accord.»

Décision «irresponsable et irrespectueuse»

Unia s'étonne de la décision de JTI et dénonce «une fuite en avant»: «A la surprise générale, la direction a annoncé hier soir rompre les négociations et vouloir saisir le Tribunal arbitral, réagit le syndicat dans un communiqué. Par cette fuite en avant, elle semble vouloir court-circuiter le personnel et plonge les employés dans une longue période d’incertitude.» Unia rappelle que la procédure «risque de durer plusieurs mois, alors que la restructuration suit son cours et que des employés ont déjà été ou vont être licenciés dans les prochaines semaines, avec comme seul support l'offre initiale très insuffisante.»

Le syndicat se dit d'autant plus surpris qu'une nouvelle séance de négociation était prévue en début de semaine prochaine, «et qu'une solution semblait à portée de main». «Cette décision est d’autant plus irresponsable et irrespectueuse qu’une résolution vient d’être déposée au Grand Conseil, soutenue par une majorité de partis, poursuit Unia. Elle demande au Conseil d’Etat d’intervenir dans ce conflit afin de trouver une solution à l'amiable et respectueuse du personnel.»

«Pas à la légère»

«Renvoyer ce sujet à l'arbitrage n'est pas une décision que nous avons prise à la légère, mais que nous jugeons nécessaire pour mettre un terme au processus de négociation et donner plus de clarté à tous les employés», précise JTI.

(leo)