Genève

31 janvier 2018 17:48; Act: 31.01.2018 17:49 Print

Liste 100% femmes: un ovni vise le Grand Conseil

par Lucie Fehlbaum - Un groupe féministe présente 19 candidates aux élections cantonales. Des points restent à éclaircir, à commencer par son apolitisme.

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Les candidates LALISTE, Les Femmes 2018 au Grand Conseil, présentées à la presse mercredi. Au centre, Manuela Honegger, cheffe d'équipe (en noir et blanc). (Photo: lfe)

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«Les femmes comme projet de société»: c'est comme ça que pourrait se résumer le programme de la liste LALISTE des femmes 2018 au Grand Conseil. Cet ovni politique, composé uniquement de femmes, s'est présenté à la presse mercredi à midi, dans le cadre jazzy de la Brasserie des Halles de l'île.

«Nous souhaitons la parité au Parlement. Avec 26 élues sur 100 députés, on est loin du compte», a martelé mercredi Manuela Honegger, cheffe d'équipe pour LALISTE. Dans la lignée des #METOO et autres porcs à balancer, cette politologue et mère de famille a lancé deux appels aux femmes, dès novembre 2017, dans la presse et sur Facebook. «Nous nous sommes rassemblées à la Maison des Associations en décembre et voilà le résultat: 19 candidates compétentes et un groupe de 50 femmes en soutien.» Musicienne, chorégraphe, graphiste ou formatrice d'adultes en mécanique de précision, les profils sont variés. Un point les rassemble: les candidates LALISTE au Grand Conseil ne peuvent avoir œuvré au sein d'un autre parti. Les nouvelles venues présentées mercredi sont pourtant rassemblées autour de Manuela Honegger qui, elle, n'est pas inconnue au bataillon. Si elle prêche les bienfaits d'une liste loin des bisbilles des partis, la politologue est collaboratrice personnelle du maire de Genève, Rémy Pagani, membre de solidaritéS. On la retrouvait, en juin dernier, sur la liste des candidats de ce même parti au Grand Conseil.

Mise en oeuvre floue

L'objectif de LALISTE est clair, le programme reprend les principaux combats féministes: redéfinir le viol dans la loi, instaurer l'égalité salariale dans toutes les entreprises, garantir une retraite des femmes à 60 ans et des primes d'assurance égalitaires. Ce qui est moins clair en revanche, ce sont les moyens mis en oeuvre pour atteindre ces buts féministes. A commencer par la liste elle-même: pour découvrir l'ensemble des 19 candidates, les votants devront attendre sa validation, le 5 février, par le service des votations et élections. L'apolitisme de la formation est aussi discutable: si le groupe appelle à compléter la liste LALISTE avec «81 autres femmes de tous les partis», il admet que son programme «ressemble aux idées de la gauche». Il aurait par exemple «du mal à accepter une femme favorable à l'augmentation de l'âge de la retraite féminine».

La liste a été déposée mercredi après-midi, en vue des élections du Grand Conseil et du Conseil d'Etat, qui se tiendront les 15 avril et 6 mai 2018.