Tourisme

22 novembre 2019 18:12; Act: 22.11.2019 20:58 Print

Loi sur le tourisme à Genève: un demi-million rien qu'en taxant Airbnb

Pour qu'elle soit plus facilement perçue, une taxe de séjour à tarif unique va être imposée. Elle devrait se monter à 3 fr. 75.

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Cette taxe devrait engendrer une rentrée supplémentaire de 500'000 francs. (Photo: Keystone/Photo d'illustration)

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Une taxe de séjour à tarif unique sera prélevée pour les nuitées à Genève. Cette simplification issue de la réforme de la loi sur le tourisme acceptée vendredi par le Grand Conseil doit permettre aux plateformes d'hébergement comme Airbnb de prélever directement la taxe auprès des hôtes.

L'objectif est de faciliter le processus de perception. Reste toutefois à élaborer le règlement d'application de cette loi sur le tourisme qui est passée sans débat et à l'unanimité. Seuls les campings bénéficieraient d'une exception afin de conserver une certaine attractivité.

Une rentrée supplémentaire d'un demi-million

La taxe, qui varie actuellement entre 1 fr. 65 et 4 fr. 75 selon la catégorie de l'hébergement, pourrait passer à 3 fr. 75. Ce montant doit encore être confirmé. Cette unification a fait l'objet d'un accord avec les acteurs de la branche qui tenaient surtout au fait qu'Airbnb rentre rapidement dans les entités éligibles à la taxe.

Selon Pierre Maudet, le conseiller d'État à l'origine de cette modification législative, cité dans le rapport de commission, il y aura une rentrée supplémentaire de 500 000 francs en taxant les plateformes de type Airbnb. À noter qu'il est autorisé, à Genève, de louer son logement par ce biais jusqu'à nonante jours par an.

Genève a enregistré au total 3 232 871 nuitées en 2018, soit une augmentation de 12% en dix ans. Le tourisme d'affaires représente 80% des nuitées et le tourisme de loisirs 20%. Avec 15 000 emplois à la clé, ce secteur est crucial pour le canton.

Contrôle renforcé

La nouvelle loi sur le tourisme rééquilibre la gouvernance de la Fondation Genève Tourisme & Congrès (FGT&C) en y intégrant davantage d'experts, notamment dans les domaines culturel et numérique, aux côtés des traditionnels représentants du secteur.

Elle prévoit aussi une promotion harmonisée de la destination Genève, sous la forme d'une convention signée entre le canton et la FGT&C.

L'ensemble de ce dispositif fait suite aux pertes successives importantes liées à l'organisation des Fêtes de Genève qui ne fait plus partie des missions de la FGT&C. Il répond à la nécessité de renforcer le contrôle de l'État sur la FGT&C. Le budget de la FGT&C serait ainsi soumis à l'approbation du Conseil d'État.

(nxp/ats)