Canton de Genève

14 février 2019 14:00; Act: 14.02.2019 16:28 Print

Mauro Poggia veut de la transparence dans la santé

Le conseiller d'Etat genevois a instauré un document qui établit désormais clairement les pratiques admissibles et proscrites entre médecins et laboratoires.

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Mauro Poggia veut encadrer les pratiques des laboratoires avec les médecins. (Photo: Keystone)

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A Genève, le conseiller d'Etat en charge du DSES Mauro Poggia met de l'ordre dans les relations entre médecins et laboratoires. A des fins de transparence, un document établit désormais clairement les pratiques admissibles et proscrites. Celles qui sont contraires au droit, à la déontologie et à l'éthique seront sanctionnées.

Les pratiques des laboratoires ont été évaluées, notamment via l'examen de contrats. Il s'agissait de déterminer si elles respectaient les interdictions de collusion et d'acte superflu prévues par la loi, écrit le Département de la sécurité, de l?emploi et de la santé (DSES) dans un communiqué.

«On a eu connaissance de faits problématiques en lien avec des versements à des médecins. Certains laboratoires leur proposaient de toucher jusqu'à 20% des analyses préconisées», explique Laurent Paoliello, porte-parole du DSES.

Illégal

«C'est totalement illégal. On ne peut pas toucher en fonction du nombre de demandes que l'on fait», poursuit-il. «Il y a aussi le cas des laboratoires qui prêtaient de l'argent à des médecins pour s'installer avec des intérêts zéro. Cela pose des questions en matière d'indépendance et d'autonomie. Sans parler des voyages, donations, cadeaux en nature, etc.

Non seulement des laboratoires se sont plaints, évoquant une distorsion de la concurrence et une ère des pots-de vin, mais des médecins ont trouvé la pratique choquante, rapporte M. Paoliello.

Pratiques inadmissibles

Mauro Poggia est intervenu, estimant que ces pratiques étaient inadmissibles, pas dans l'intérêt des patients et augmentant les coûts de la santé en contribuant à la hausse des primes. Plutôt que de sanctionner, le ministre a consulté les laboratoires et les médecins afin de remettre de l'ordre, poursuit le porte-parole.

A l'issue de cette évaluation, le DSES vient de transmettre, en collaboration avec l'Association des médecins du canton de Genève, sa prise de position aux laboratoires actifs sur le canton, ainsi qu'aux professionnels concernés. Celle-ci décrit les pratiques admises, mais aussi proscrites.

Dans cette dernière catégorie figurent les rétributions forfaitaires liées au volume d'analyses prescrites, les prêts financiers pour l'installation d'un cabinet et les dédommagements sous forme de participation au salaire ou au loyer. Sans oublier le financement de voyages et toute autre forme d'avantages sans lien direct avec les tâches pré-analytiques effectuées par le médecin.

Le DSES prendra les mesures nécessaires s'il devait constater la persistance de situations contraires au droit.

(nxp/ats)