Meyrin (GE)

21 décembre 2017 13:53; Act: 21.12.2017 14:36 Print

Magasin paysan novateur mis en danger par Migros

par Jérôme Faas - Un symbole de l’écoquartier des Vergers devait être un commerce d’alimentation participatif. Les plans du géant orange menacent ce projet.

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Le projet de supermarché participatif paysan prévoit notamment de vendre les produits issus d'une ferme urbaine (ici, celle de Budé, au Grand-Saconnex). (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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C’est le pot de terre contre le pot de fer. Un «Supermarché participatif paysan (SPP)», première expérience du type, devait alimenter le futur quartier des Vergers. L’élan populaire était là, la mairie applaudissait. «On devait signer il y a deux semaines, relate Thomas Descombes, l’un des paysans dirigeant le SPP. Mais au dernier moment, la coopérative des Ailes, qui loue, nous a dit avoir choisi la Migros.»

Le conseiller administratif Vert de Meyrin, Pierre-Alain Tschudi, est consterné. «Ce projet nous tient très à cœur. Le SPP est la clé de voûte d’un processus pour avoir un quartier vivant. On a dit aux Ailes qu’on regrettait leur décision, mais on n’a pas de droit de veto.» Mais il rassure. «Le SPP verra le jour. Il y aura un plan B, c'est acquis.»

Vice-président du SPP, Raeto Cadotsch dit pareil. «Tout continue. Quoi qu’il arrive, on va ouvrir!» Mais le paysan est amer. «On arrivait au bout du projet, ça fait quatre ans qu’on travaille, et ils nous mettent une Migros au milieu. Ce n’est pas du tout heureux. Nous, ce qu’on propose, c’est de créer de vrais liens entre les producteurs et les consommateurs.»

Les Ailes restent muettes, mais tous les intervenants expliquent que la Migros a été choisie car la coopérative doutait de la viabilité financière du SPP. Le géant orange ne s’est pas exprimé, sauf pour souligner ses liens forts avec l’agriculture suisse. Le contrat final n’ayant pas encore été signé, le conseiller national PS Carlo Sommaruga, bombardé parrain du SPP, croit encore à un revirement de situation. «J’ai écris à Migros mercredi. Tout dépend d’eux. Ils ont encore la possibilité de laisser ce projet se réaliser.»