Ville de Genève

20 novembre 2019 09:34; Act: 20.11.2019 10:43 Print

Produits chimiques exclus de l'entretien des parcs

par David Ramseyer - La Ville est passée au 100% biologique pour préserver ses espaces verts. L'aspect des parcs va changer.

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(Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Une pratique vieille de près d'un siècle disparaît. La Ville de Genève a annoncé ce mardi que depuis quelques jours, elle n'utilisait plus aucun produit chimique pour traiter ses pelouses, ses arbres et ses parterres de fleurs. Le mesure est effective dans tous les espaces verts de la commune, qui représentent 20% de son territoire, pour une surface équivalente à 444 terrains de football.

Course contre-la-montre par étapes

Entre 2015 et 2018, insecticides et herbicides avaient déjà disparu de l’attirail des jardiniers municipaux. Ils ont été remplacés par des moyens biologiques et non polluants, allant de tueurs naturels de pucerons - les coccinelles - à la désherbeuse à vapeur.

Désormais, les fongicides, contre les champignons, et les engrais chimiques ont aussi passé à l'as. L'abandon des produits phytosanitaires se fait avec deux ans d'avance sur la planification prévue, «parce que nos jardiniers sont bons», s'est exclamé tout sourire le conseiller administratif Guillaume Barazzone, chargé de l’environnement urbain.

Les gains pour la Ville? «Une réduction de la pollution, une amélioration de la biodiversité et moins de risques pour la santé», a listé le magistrat. Le tout, à coût constant. «Certes, le traitement naturel de nos parcs demande un peu plus de travail, mais moins d'entretien à terme», a souligné Jean-Gabriel Brunet, responsable de l’entretien des espaces verts. Le compost produit localement permettra aussi d'économiser sur l'achat de substances chimiques auprès d'entreprises hors du canton.

Bien plus beau au naturel

La fin des traitements phytosanitaires changera aussi le visage des parcs. Si elles sont déjà bien présentes, les herbes folles ou les prairies fleuries y prendront plus de place. «Les mentalités ont changé. Avant, on se scandalisait à la vue de mauvaises herbes. Désormais, la tolérance est de mise pour un développement plus naturel de la flore», constate Jean-Gabriel Brunet.

Le jardinier en chef de la Ville a annonce aussi la disparition de certaines fleurs, comme l'alternanthère; mais aussi la réduction drastique d'autres espèces, telles que les pensées, qui décorent notamment l'horloge fleurie. Le réchauffement climatique et l'absence de traitements chimiques massifs obligent à sélectionner des végétaux plus résistants. «Alors oui, l'horloge fleurie changera d'aspect, concède Guillaume Barazzone. Mais, promis, elle restera aussi colorée qu'aujourd'hui!»