Genève

23 décembre 2016 07:20; Act: 23.12.2016 13:31 Print

Moins de baignoires pour des apparts mieux pensés

Très stricte, la loi impose des équipements pas toujours nécessaires. Une élue veut l’assouplir pour adapter les logements aux modes de vie actuels.

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Une baignoire c'est fun, mais ça prend de la place. (Photo: AFP/Cornelia Schauermann)

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Peu écologique, encombrante, pas pratique pour les personnes à mobilité réduite: si confortable soit-elle, la baignoire ne correspond plus forcément aux besoins de la société. Pourtant, la loi genevoise exige sa présence, même dans le plus petit des studios. Pour la députée hors parti Christina Meissner, l’objet symbolise une application obsolète du règlement. Contrairement à la pratique vaudoise, Genève décrit en effet très précisément l’organisation de chaque logement. Un texte qui date de 1992. «La société évolue, mais en parallèle, la manière dont nous concevons les formes d’habitat stagne, regrette-t-elle. Il faut savoir s’adapter aux nouveaux modes de vie.»

Ce carcan empêche de créer de vrais logements modulables. L’élue souhaite par exemple qu’un parent divorcé puisse adapter son appartement avec des parois coulissantes en fonction de la présence de son enfant. Chose compliquée actuellement. Penser l’habitat en mètres carrés et non plus en pièces enlèverait aussi de la rigidité, estime-t-elle. Christina Meissner demande ainsi un assouplissement de la loi actuelle via une motion au Grand Conseil. «L’Etat n’a pas vocation à aller vérifier la taille des placards à balais. Il doit s’assurer de la qualité de l’habitabilité, certes, mais pas entrer dans les moindres détails.»

Professionnels intéressés

Si le Canton réserve son commentaire au Parlement, l’idée fait mouche chez les pros du secteur. «La législation est tellement rigide qu’elle ne laisse pas la place pour qu’émergent des solutions intelligentes, appuie Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière et député PLR. En schématisant, aujourd’hui en zone de développement, l’architecture n’est que l’expression de la loi en vigueur: une barre de cinq étages, une cage d’ascenseur, des appartements avec un long couloir, trois petites chambres, un salon, une cuisine et une salle de bain. Cette motion permet donc d’ouvrir une discussion.»

Alberto Velasco, président de l’association de défense des locataires Asloca et élu PS au Grand Conseil, trouve le projet «intéressant», mais il veillera «à ce qu’il ne se fasse pas au détriment des mètres carrés ni de la qualité de vie sur le dos des petits revenus.»

(tpi)