Genève

14 novembre 2019 06:09; Act: 14.11.2019 06:09 Print

Mon thérapeute est une adorable boule de poils

par David Ramseyer - Deux chiens contribuent à rééduquer des victimes d'accidents cérébraux, aux HUG. Un cas unique en Suisse, dans le domaine neurologique.

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Toujours stagiaire, Coco, un teckel nain de huit mois, observe attentivement une professionnelle confirmée à l'oeuvre. Dans le parc de l'hôpital Beau-Séjour, spécialisé dans la neurorééducation, Roxy, un Jack Russel âgé de 3 ans, attrape au vol une balle de tennis rose, puis la pose délicatement aux pieds de Monique. Victime d'un AVC en août dernier, celle-ci se penche et récupère l'objet fluo. «Redressez-vous, maintenant... C'est bien, bravo! Mais attention à la position de vos jambes», surveille Paola Giraldo. La physiothérapeute ne lâche pas d'une semelle sa patiente. Depuis plus d'un mois, cette dernière effectue deux heures hebdomadaires de rééducation avec deux «adorables» boules de poils (vidéo ci-dessus).

Le plaisir plutôt que la douleur

«Ce sont des partenaires, confie la septuagénaire. Roxy et Coco me donnent du courage et l'envie de progresser. Elles allègent mes difficultés». Le programme de zoothérapie, dans cette annexe des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), a débuté en 2017. Il est unique dans le pays, en matière de rééducation pour des lésions cérébrales. «Se remettre de ça, c'est dur. Les exercices sont longs et difficiles, souffle Monique. Mais avec les chiens, c’est devenu un plaisir.»

La maîtresse des deux femelles qui tournent autour de la Genevoise, à l'heure des croquettes, jette un regard attendri à la scène. «Les animaux offrent un moment ludique aux patients, tout en les faisant travailler, appuie Paola Giraldo. En promenade, avec des jeux ou en préparant la gamelle pour Roxy et Coco, on entraîne l'équilibre sur des terrains instables, l'endurance, la mobilité des membres supérieurs et inférieurs, ainsi que la résistance.»

Une éducation au bruit

La formation des géniaux toutous porte notamment sur une désensibilisation à un environnement hospitalier parfois agressif pour eux. «Ils ne doivent pas réagir brusquement ou tirer sur leur laisse, lorsqu'une sirène d'ambulance retentit ou si un fauteuil roulant s'approche d'eux», liste la physiothérapeute.

Celle-ci souligne enfin que la zoothérapie s'adresse d'abord à des personnes qui peinent à se motiver pour une rééducation plus classique. Monique, acquiesce et caresse le pelage roux de Coco: «Sans chien, franchement, je pense que je me serais découragée. Mais ils m'ont redonné de la force et le sourire.»

Roxy et Coco en photos:
Mon thérapeute est une adorable boule de poils