Justice genevoise

16 février 2011 19:04; Act: 16.02.2011 19:11 Print

Neuf ans requis contre l'agresseur

Le procureur Marco Rossier a requis une peine de neuf ans de prison contre «l'agresseur de l'Ile», mercredi devant le Tribunal correctionnel de Genève.

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M.Rossier a décrit l'accusé comme une personne sans scrupule, dépourvue d'humanité. «C'est un psychopathe toujours centré sur lui- même et qui n'a exprimé aucun regret pour ses victimes», a souligné le magistrat. Cet homme a toujours agi de manière réfléchie et a toujours su ce qu'il faisait, a-t-il encore affirmé.

Prise de conscience

Doris Leuenberger, l'avocate du prévenu, a admis l'extrême gravité des actes commis par son client. Elle a cependant souligné qu'il avait changé durant sa détention préventive et qu'une compagne avec qui il a eu un enfant l'attendait dehors et était prête à le soutenir pour qu'il prenne un nouveau départ dans la vie.

Mme Leuenberger a plaidé devant le tribunal correctionnel en faveur d'une peine suspendue à un traitement ambulatoire. Du côté de la partie civile, l'avocate Lisa Locca a dressé un portrait très sombre de l'accusé, un être «éduqué, intelligent», mais aussi «narcissique, manipulateur et calculateur».

Pour Mme Locca, le prévenu est une sorte de docteur Jekyll et mister Hyde. Durant la procédure, l'accusé n'a pas collaboré à l'enquête et a invoqué de nombreux trous de mémoire, a ajouté le procureur Rossier. Pour ce dernier, le risque de récidive est élevé et la dangerosité de l'homme ne fait aucun doute.

L'agresseur de l'Ile

L'accusé avait été surnommé par la presse l'»agresseur de l'Ile», car en mai 2009 il avait tenté de violé une femme lors de la soirée d'inauguration de la Brasserie des halles de l'Ile à Genève. Il s'était faufilé derrière sa victime qui se rendait aux toilettes et avait abusé d'elle.

Dix jours auparavant, le prévenu s'était attaqué à une autre femme en pleine rue, à la sortie d'un bar. En avril 2008, il s'en était pris aussi à une passagère dans le train Lausanne-Genève, lui carressant les seins et lui touchant l'entrejambe dans les toilettes du wagon.

Mme Leuenberger a tenté de démontrer que lors de ces actes, son client avait bu, consommé de la cocaïne et fumé du cannabis et que ce mélange lui faisait perdre le contrôle de lui-même, conduisant du même coup à une réduction de sa responsabilité. Le Tribunal correctionnel de Genève rendra son verdict jeudi.

(ats)