Genève

25 mai 2018 14:19; Act: 25.05.2018 15:00 Print

Vandalisé cette nuit, le boucher de Carouge réagit

par Jérôme Faas / mpo - Un commerce situé à deux pas de la place du Marché a subi une attaque dans la nuit de jeudi à vendredi.

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Daniel Thery, le boucher, tient dans sa main un pavé retrouvé tout au fond de son commerce. (Photo: 20 minutes / jef)

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Les nuits se suivent et se ressemblent pour les boucheries genevoises. L'une après l'autre, elles voient leurs enseignes voler en éclats sous des caillassages signés par les antispécistes.

Ce vendredi matin, c'est la vitrine de la boucherie chevaline de Carouge, à la rue Saint-Victor, que les passants ont pu voir percée de plusieurs impacts. Le boucher, Daniel Thery, a été averti par la police à 5h du matin.

L'homme explique que l'acte a été revendiqué comme antispéciste (courant de pensée accordant une égale valeur à toutes les espèces dites sentientes, soit capables d'éprouver de la douleur, du plaisir, etc.). «Ils avaient laissé des papiers de revendication par terre. Je ne les ai pas vus moi-même. La police me l'a dit.»

«Ce sont vraiment des petits»

Les pierres ont été projetées avec passablement de force dans sa boutique. Il en a notamment retrouvé une, une sorte de gros galet, à plusieurs mètres de sa devanture, tout au fond du magasin. «Ça a ricoché et ça m'a cassé des bouteilles de vin. Vous avez vu la puissance? Ils sont bien équipés. Moi, je pense qu'ils ont une fronde.»

Pour ce commerçant qui dit n'avoir rien contre le véganisme et entretenir des rapports cordiaux avec plusieurs de ses adeptes, ces actes ne sont rien de plus que du vandalisme de bas étage. «Pour moi, ce sont vraiment des petits qui font ça.»

«Ça arrange bien les politiques»

Que doit faire la profession face à cette vague d'attaques? «Il faut les attraper, c'est tout. Moi, en 35 ans de métier, j'ai toujours respecté l'animal. Ces gens-là, il ne faut pas les respecter. Ce sont eux qui ne respectent pas l'animal.» Certes, il aimerait un peu plus de rondes de la police, mais se dit bien conscient qu'il est impossible de mettre un agent devant chaque vitrine.

C'est donc d'abord un soutien politique qu'il réclame. «Les politiques ne réagissent pas vraiment. Je crois que ça les arrange bien, finalement. Ils ne nous défendent pas. Quand vous voyez que des cantines scolaires veulent arrêter de servir de la viande...» Et d'énoncer un dernier souhait. «J'aimerais surtout que l'on parle un peu plus de commerçants, et un peu moins des revendications des vandales.»

Plus d'une dizaine de commerces ont été vandalisés depuis deux mois.