Football amateur (GE)

10 septembre 2018 12:24; Act: 10.09.2018 14:54 Print

Nouvelles violences: les arbitres lancent une grève

Dimanche, aux Evaux, un arbitre a été agressé par des joueurs lors d'un match de cinquième ligue.

storybild

Photo d'illustration (Photo: Keystone/Jean-christophe Bott)

Sur ce sujet
Une faute?

Cartons, insultes et coups. C'est ainsi que s'est soldé le match opposant dimanche matin le FC Tordoya 1 au FC Satigny 3. Les deux équipes s'affrontaient au Evaux lors de la 2e journée de 5e ligue. D'après la «Tribune de Genève», à un quart d'heure de la fin de la rencontre, un joueur de Tordoya a été sanctionné d'un carton jaune, puis rouge après avoir insulté l'arbitre.

Le joueur incriminé a alors violemment agressé l'homme en noir. A tel point que la police a dû intervenir. Plainte pénale a été déposée. Les trois joueurs mêlés à l'altercation ont été exclus du club par le comité du FC Tordoya.

Déchaînement de violence

«Ce qui nous choque le plus, c'est le déchaînement de violence, réagit Skander Chahlaoui, président de l'Union genevoise des arbitres de football. Il s'agissait d'un match anodin, avec un arbitre chevronné, posé. Trois joueurs s'en sont pris à lui. Il a reçu plusieurs coups de poing, un coup de pied. Il a saigné du nez. Il est en arrêt de travail et a déposé plainte.»

«Sans arbitre, pas de jeu»

Très inquiets, les arbitres ont donc décidé de hausser le ton. «On s'achemine vers un mouvement de grève ce week-end. Il débuterait vendredi et s'achèverait dimanche, afin d'englober tous les matches. Un préavis a été voté. Cela dépend maintenant des réponses qui nous seront apportées d'ici à vendredi, mais on a envie de dire: cette grève, on va la faire. Ça permet d'envoyer un message: s'il n'y a pas d'arbitre, il n'y a pas de jeu.»

«Seuls, on n'y arrivera pas»

Depuis quelques années, l'Association cantonale genevoise de football (ACGF) a durci ses sanctions vis-à-vis des violences. Skander Chahlaoui salue cette politique, mais juge que «les panels de sanctions ne suffisent plus. Quand on voit le nombre de matches arrêtés en juniors... Il s'agit d'un problème de fond. Notre objectif, c'est d'organiser des assises sur la violence avec les instances, les clubs et surtout les autorités publiques. Tout seuls, on n'y arrivera pas.»

L'association cantonale calme le jeu

La réaction de Pascal Chobaz, président de l'ACGF, est pour l'instant mesurée. N'ayant pas encore eu sous les yeux le rapport de l'arbitre, il juge pour l'heure «impossible de se prononcer sur le déroulement des faits. J'attends de les connaître avec exactitude.» Quant à la réaction des arbitres, il se déclare pour l'instant« assez dubitatif et critique. Je peux comprendre l'émotion de l'amicale des arbitres - parce que tous n'adhèrent pas à l'union - , mais il faut aussi que les choses restent proportionnelles. Que l'Union me sorte le nombre d'arbitres agressés l'an passé..!»

Le dirigeant estime par ailleurs qu'une grève ne possède pas de vertu en elle-même. «On annule une journée, quand la replace-t-on? Si on ne fait pas quelque chose d'une grève, ça ne sert pas à grand-chose, hormis à dire qu'on a réagi. Et je n'aime pas être pris en otage. Encore une fois, j'attends de connaître exactement les faits pour éventuellement partager l'émotion de l'Union des arbitres.»


(mpo/jef/leo)