Genève

03 mars 2013 20:12; Act: 03.03.2013 20:20 Print

Opposante convoquée par la police

La police genevoise a exigé que l'Ouzbèque Mutabar Tadjibaeva se présente au poste, dimanche. L'opposante ne s'est pas présentée.

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L'opposante ouzbèke Mutabar Tadjibaeva a été convoquée dimanche par la police de la ville de Genève, où elle s'était rendue pour participer au Festival du film et au forum international sur les droits de l'Homme (FIDH), ont annoncé les organisateurs de l'évènement.

«Effectivement, elle a été convoquée par nos services, mais elle n'est pas venue pour l'instant», a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police genevoise, Eric Grandjean.

Il n'a pas précisé les raisons de la convocation de la militante des droits de l'Homme, mais a souligné que la police genevoise n'avait pas établi de mandat à son encontre.

Selon les organisateurs du festival, Mme Tadjibaeva, emprisonnée et torturée en Ouzbékistan avant d'être libérée en 2008, a participé le 1er mars à Genève un débat sur les violations des droits de l'homme dans son pays.

Rencontre avec Karimov

Le 2 mars, la dissidente «a souhaité ouvrir un dialogue avec Mme Gulnara Karimov, fille du président ouzbek Islam Karimov, représentante permanente de l'Ouzbékistan à l'ONU», indique le FIDH dans un communiqué.

Mme Tadjibaeva, accompagnée du cinéaste Michael Andersen et de l'ex-ambassadeur du Royaume-Uni en Ouzbékistan Craig Murray, s'est donc rendue dans la commune chic de Cologny, dans les environs de Genève, où est domiciliée Mme Karimov.

Le FIDH «s'étonne qu'une de ses invitées, arrêtée, torturée dans son pays, soit soumise à des tracasseries judiciaires alors qu'elle n'a commis ni infractions, ni délits».

Primée pour son engagement

Un porte-parole du festival a par ailleurs dit à l'AFP que Mme Tadjibaeva était depuis retournée en France, où elle s'est exilée.

Condamnée à huit ans de prison pour avoir ouvertement critiqué le gouvernement au sujet de la tragédie de 2005 à Andijan, où des centaines de civils sans armes furent tués ou blessés, selon les ONG, Mme Tadjibaeva a reçu en 2008 le Prix Martin Ennals des droits de l'Homme, attribué en commun par une dizaine d'organisations internationales dont Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Commission Internationale des Juristes.

(afp)