Genève

10 décembre 2019 18:13; Act: 11.12.2019 11:37 Print

Fécondation in vitro: un centre high-tech est né

par Jérôme Faas - Les HUG et la clinique générale Beaulieu ont inauguré mardi un centre pionnier en matière de procréation médicalement assistée.

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L'embryoscope dont dispose le nouveau centre permet d'obtenir des images très précises de l'évolution des embryons et de déceler lesquels possèdent le plus de chances d'aller à terme. (Photo: Louis Brisset)

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La procréation médicalement assistée (PMA) prend son envol au bout du lac. Le centre high-tech FertiGenève, opérationnel depuis octobre, a été inauguré ce mardi à la clinique générale Beaulieu. Il s'agit d'un partenariat entre les médecins privés spécialistes de la PMA officiant à la clinique, ceux des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et le laboratoire Fertas, équipé du matériel dernier cri en la matière. Le centre prévoit de prendre en charge entre 400 et 500 interventions par an.

Le clou de ce centre est un appareil nommé embryoScope+. Il coûte un demi-million et il n'en existe que trois en Suisse. Cet incubateur d'embryons permet de les analyser sans les sortir «à l'air libre», via une caméra qui les prend chacun en photo chaque dix minutes. L'opération permet de sélectionner au mieux ceux qui seront les plus aptes à être implantés dans la future mère.

Le laboratoire dispose aussi de la technologie permettant de réaliser un diagnostic préimplantatoire, soit l'analyse génétique des embryons, permettant de déceler d'éventuelles tares, par exemples chromosomiques, qui les empêcheraient de se développer correctement.

«Sortir du Moyen Age»

Ce sont les récentes évolutions législatives adoptées par le peuple qui ont rendu possible le centre FertiGenève, car «elles ont sorti du Moyen Age la PMA en Suisse», estime la doctoresse Nicole Fournet Irion. En 2015, une modification constitutionnelle permettait de fabriquer douze embryons, conservables dix ans, contre un maximum de trois embryons auparavant, qu'il fallait tous implanter immédiatement. Les sélectionner devenait alors pertinent, et l'embryoScope+ trouvait toute son utilité. Enfin, en 2017, la loi a changé et a permis le diagnostic préimplantatoire.

Suisse romande pionnière

Les conditions pour sortir du Moyen Age étaient réunies, par contre «cela nécessitait des investissements financiers» pour acquérir le matériel de pointe, explique Nicole Fournet Irion. La réunion des forces (et du nombre de patients, donc de ressources) des HUG et de la clinique générale Beaulieu a permis d'équiper au mieux le laboratoire Fertas. Ce dernier officiant aussi à Lausanne et à Fribourg, «la Suisse romande est pionnière en matière de PMA, observe son directeur Fabien Murisier. Nous sommes la seule région de Suisse à proposer à la fois le diagnostic préimplantatoire et l'embryoScope+.»

Economie pour les patients

Pour les patients, la création de ce centre représente une excellente nouvelle. En matière de PMA, seul le diagnostic relatif à l'infertilité est remboursé par l'assurance-maladie. Le traitement, notamment la fécondation in vitro, est entièrement à leur charge. Hors médicaments, FertiGenève le facture entre 6000 et 7500 francs. «Il n'y a pas de prix établi. Chaque centre facture en fonction de ses investissements», explique la doctoresse Isabelle Streuli. Autrement dit, d'une part, plus le nombre de patients est important, plus le tarif pratiqué est «bas». Et surtout, en sélectionnant les meilleurs embryons, on limite le nombre de fécondations in vitro nécessaires à la réussite du projet parental.

L'avantage est financier bien sûr, mais aussi psychologique. En outre, ainsi que le souligne une doctoresse lors de l'inauguration, les patients profitent de la collaboration entre un grand nombre de médecins. «Nous faisons des colloques communs. Par conséquent, les cas difficiles bénéficient d'une meilleure prise en charge.»