Exercice sur la ligne du Léman Express

13 septembre 2019 19:12; Act: 13.09.2019 20:58 Print

Passagers du train pris au piège dans un tunnel

par David Ramseyer - La simulation d'un grave accident, ce vendredi sur la ligne du Léman Express, a impliqué plus de 2000 personnes, de deux côtés de la frontière.

Une faute?

«Le bruit, notamment les cris des blessés, mais aussi la pénombre et le froid: ça m'a marqué», raconte Anna, touchée au visage et au bras. Dans la zone de pré-triage, la jeune femme attend son évacuation, allongée sur un brancard, à quelques mètres de la sortie de secours du tunnel où ce vendredi à 10h03, un train a percuté un objet non identifié sur la voie. Le choc a fait valdinguer les bagages et a arraché des banquettes. Dans les wagons, des corps, parfois sans vie, s'entremêlent.

Le scénario de l'exercice catastrophe organisé par les CFF et la SNCF imaginait plus d'un millier de passagers du Léman Express confrontés à un accident dans un tunnel, sous la frontière entre Thônex (GE) et la France. Objectifs: tester l'évacuation des voyageurs ainsi que leur prise en charge sur place et dans les postes médicaux d’urgences installés à l'extérieur. L'opération visait aussi à éprouver la coordination entre 900 intervenants suisses et français provenant de trente services différents (médecins, ambulanciers, pompiers, policiers, enquêteurs scientifiques, responsables de l'accueil des familles, etc.). Le tout sur vingt sites simultanés.

Défilé de brancards

A quelques centaines de mètres du lieu du faux accident, une secouriste guide ses collègues: «Il faut placer une sangle thoracique, là! C'est bon? Je compte et à trois, on soulève le patient». L'homme a une étiquette écarlate accrochée à sa veste. «Dans un poste médical avancé comme celui-ci, monté en 45 minutes, on définit des secteurs selon la gravité des blessures des victimes», explique Birgit Gartner, médecin et membre de la direction de l'exercice. Rouge, c'est pour les urgences, jaunes pour les blessés moins gravement atteints, et vert pour ceux qui ne nécessitent que des soins ambulatoires.

Sous une tente, deux urgentistes vaudois soufflent quelques secondes. «Les brancards n'ont pas arrêté de défiler, lâchent Amélie et Loïc. Un tel flux nécessite de bien définir en amont les rôles de chacun. C'est un défi logistique.» Dans un accident ferroviaire semblable à celui imaginé aujourd'hui, «on traite surtout des cas traumatologiques, complète Birgit Gartner. Entre Suisses et Français, la doctrine de base est semblable, donc ça ne pose guère de problème de coordination». Mais pareil test a ses limites: «On ne pourra jamais expérimenter les aspects émotionnels de pareille catastrophe».

Les photos de l'exercice:
Passagers du train pris au piège dans un tunnel

Bilan final jugé bon

Retour au nid de blessés, près de la sortie de secours du tunnel. Kevin explique que les secours ont mis une demi-heure à l'évacuer des entrailles du Léman Express. «Je n'ai pas le sentiment que c'était un délai excessif; j'ai même trouvé que c'était plutôt rapide», se félicite le figurant de 23 ans. Autre participante volontaire à l'exercice, Jessica a au contraire trouvé le temps long. «Cela fait plus de deux heures que je suis allongée sur le bitume. Je suis censée n'être blessée qu'à la cheville, mais bon... A certains moments, il n'y avait visiblement personne pour faire le lien entre nous et les organisateurs de la simulation. J'ai trouvé qu'il régnait une certaine confusion.»

Ce n'est pas l'avis des autorités et des compagnies de chemin de fer franco-suisses. Dans un communiqué diffusé en soirée, elles ont estimé que l'exercice avait été réussi: «Les concepts d’intervention et d’exploitation ont pu être testés avec succès».