Genève

20 juin 2019 16:25; Act: 20.06.2019 17:53 Print

Peine ferme pour propos antisémites sur le web

par Maria Pineiro - Une jeune femme a été condamnée jeudi pour outrage et discrimination raciale ainsi que pour divers pétages de plombs.

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(Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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L'audience en procédure simplifiée de S. devant le Tribunal de police de Genève, jeudi, aura à peine duré une heure. Mais «les faits reprochés sont graves», a répété à plusieurs reprises le président. La jeune femme, qui a reconnu sa culpabilité et accepté l'accord passé avec le Ministère public, a été condamnée à huit mois de prison ferme et des jours amende. Sa peine a été suspendue au profit d'un traitement ambulatoire afin de soigner des addictions à l'alcool et au cannabis ainsi qu'une personnalité «borderline».

S. était notamment jugée pour des posts sur Twitter datant de 2014. Sur le réseau social, elle s'était laissée aller à des propos outrageants au sujet d'un bébé de confession juive, mort dans un attentat à Jérusalem. Pour le Ministère public, la prévenue a ainsi «fait preuve de mépris et d'un grave manque de respect envers les défunts, lésant ainsi le sentiment de piété à l'égard de ces derniers et de leurs proches».

Incitation à la haine

A ces deux posts qui lui valent une condamnation pour atteinte à la paix des morts, S. a récidivé «à de réitérées reprises», indique l'acte d'accusation. Dans une demi-douzaine de publications sur Twitter, elle s'en est pris à la communauté juive, l'abaissant d'une «façon qui porte atteinte à la dignité humaine d'un groupe de personnes en raison de leur religion». Ces messages constituent également une «incitation à la haine», a estimé le Ministère public.

Dans un tout autre registre, quelques mois plus tard, elle a envoyé un courriel menaçant à l'entreprise de son ancien ami, l'enjoignant à le licencier immédiatement. Le courriel était accompagné d'une photo de lui nu. Le cas échéant, S. prévient qu'elle fera «un carnage dans vos locaux» à l'aide de fusil d'assaut et d'engins explosifs. Enfin, après une violente dispute dans le bus avec son ami, elle a refusé de se plier aux ordres de la police des transports qui a dû la sortir de force, sous les insultes.

«Je vous laisse avec votre conscience», a conclu le président du tribunal qui s'est étonné que S. ne veuille pas s'exprimer sur ce qui lui était reproché. «En procédure ordinaire, la peine aurait sans doute été plus sévère», a-t-il mis en perspective.