Genève

06 février 2019 09:31; Act: 06.02.2019 14:51 Print

Poggia compare Uber «aux invasions barbares»

Le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia dénonce les entreprises qui s'inspirent du modèle véhiculé par la société américaine de transport.

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Mauro Poggia a hérité du dossier épineux des taxis à cause de l'affaire Maudet. (Photo: Keystone/archive/photo d'illustration)

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Dans une interview accordée mercredi à la «Tribune de Genève», le magistrat Mauro Poggia déclare siffler «la fin de la récréation» pour ces opérateurs.

Mauro Poggia, qui a hérité du dossier épineux des taxis à cause de l'affaire Maudet, estime que les diffuseurs de course doivent respecter les dispositions relatives à la protection sociale des travailleurs et aux conditions de travail. «Or, ce n'est pas le cas aujourd'hui», regrette-t-il.

L'élu MCG dénonce le modèle Uber qui «fait supporter tous les risques d'entreprise aux particuliers». Ces derniers sont en réalité «des indépendants qui n'en ont que le nom». Si Uber n'engage pas ces chauffeurs comme salariés, il sera mis en demeure de cesser ses activités avec ces personnes qui ne sont pas en règle.

Mauro Poggia s'en prend aussi aux plate-formes de diffusion qui livrent des repas à des particuliers. Une entreprise comme Uber Eats «n'est rien d'autre qu'un employeur pour le compte de ses clients restaurateurs». Le conseiller d'Etat annonce qu'il va saisir le SECO (Secrétariat d'Etat à l'économie) pour avoir son avis.

«On n'a rien à perdre»

«Nous allons d'ores et déjà informer Uber Eats que, pour nous, ils sont des employeurs et demander à la Caisse cantonale genevoise de compensation de se saisir de ce dossier», indique Mauro Poggia. En cas d'infraction à la loi, les sanctions peuvent aller «jusqu'à l'interdiction de pratiquer», rappelle-t-il.

Pour le conseiller d'Etat, ces entreprises de diffusion de courses de type Uber «sont comparables à des invasions barbares qui s'installent et se servent tant qu'elles ne trouvent pas de remparts sur leur chemin».

Mauro Poggia s'attend à un combat juridique pour obliger Uber et d'autres sociétés du même genre, à être dans les clous. Mais le magistrat est prêt à le mener. «On n'a rien à perdre face à une entreprise qui ne verse pas d'impôt à Genève, et qui aujourd'hui précarise des travailleurs.»

(nxp/ats)