Genève

11 janvier 2016 20:31; Act: 12.01.2016 09:26 Print

Police mal préparée face aux émeutes

par Julien Culet - Selon un rapport publié lundi, la police genevoise ne s’attendait pas à ce que le cortège du 19 décembre déborde en casses. Le texte fait grincer des dents.

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Les forces de l’ordre ont sous évalué le risque que la manif illégale dégénère: c’est la principale conclusion du rapport de la police genevoise dévoilé ce lundi. Quelque 40 casseurs avaient tagué et brisé des vitrines au centre-ville le soir du 19 décembre (encadré). Au vu des événements, «le dispositif policier n’était pas suffisant en nombre, a posteriori, bien que rien ne permettait de le concevoir au départ», conclut le texte remis au ministre de la sécurité Pierre Maudet.

Doutes sur les conclusions

Ainsi, pour sécuriser le cortège, 31 agents étaient mobilisés, il en aurait fallu 120 pour éviter toute casse. Le député MCG Jean Sanchez, ancien numéro 2 de la police, y voit une pression contre les heures supplémentaires. «La direction hésite donc à faire intervenir les agents de piquet», estime-t-il. Le Conseiller d’Etat nie: «En décembre, du fait de l’alerte terroriste, on ne se souciait pas de cette question.»

Concernant l’erreur d’appréciation, la police dit s’être basée sur les précédentes manifs du même type, qui ont généré moins de dégâts. Selon le magistrat, impossible de savoir à quoi s’attendre car «la possibilité d’effectuer des écoutes et d’infiltrer des groupes avant une infraction a été cassé par le Tribunal fédéral. Une nouvelle loi est prévue». Marc Baudat, chef du syndicat de la police, y voit une «récupération politique. Aucun procureur n’ordonnera des écoutes pour anticiper des dommages à la propriété».

Doctrine à revoir

Par ailleurs, le conseiller d'Etat à la sécurité a estimé lundi qu'il faudrait revoir la pratique en terme de gestion des manifestations. La doctrine d'engagement propre aux cantons latins préconise d'observer et d'adopter une réponse proportionnée. «On évite de taper sur les braises pour qu'elles ne se dispersent pas», image-t-il. Pierre Maudet aimerait ainsi que «la possibilité d'exfiltrer les auteurs de casse soit étudiée. Il faut qu'ils répondent de leurs actes devant la justice».

Il remet également en question l'existence de «zone sanctuarisées». Par exemple, à Genève, les Rues-Basses et les commissariats font l'objet d'une protection policière particulière en cas de cortège sensible. «Il ne faut pas que les Genevois pensent qu'il y a des zones de droit et des zones de non droit», indique le magistrat.

Là encore, les propositions suscitent des doutes. «Il y a des règles mais la police sait s'adapter à la situation, explique Jean Sanchez. Elle n'a pas besoin d'attendre les injonctions du politique.» Marc Baudat craint lui un manque de moyens. «On a les effectifs mais cela va faire des heures supplémentaires qu'il faudra bien payer.»

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Les commentaires les plus populaires

  • Jack le 11.01.2016 21:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas étonnant

    Pas facile non plus de faire respecter l'ordre avec les poings liés par un système juridique, qui ne correspond plus du tout au monde dans lequel nous évoluons.

  • Camarade le 11.01.2016 20:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tu parles...

    Allez soyons sérieux: il y a une volonté politique en ville de Genève de ne pas réprimer les actes de délinquance de la clientèle politique (gauchistes, alternatifs, squatters, altermondialistes, cyclo-écolos-alcoolos des occupations de rue du vendredi soir etc.)... Rien à voir avec le niveau de préparation. L'argument ne vaudrait que si la police avait été débordée. Or, ici, elle n'est même pas intervenue . Comme à Cologne en fait: quand on ne veut pas voir, le mieux c'est de ne pas regarder.

  • brrr le 11.01.2016 20:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ça fait peur

    C'est à dire? En cas d'attaques terroristes, ça donne quoi?!

Les derniers commentaires

  • Michel 45ans le 13.01.2016 11:15 Report dénoncer ce commentaire

    Une simple question de moyens!

    Ce n'est pas une simple question de préapration mais de moyens! Si la police avait le droit dans ces cas exceptionnels de foncer dans le tas, d'user librement de la matraque et du gaz lacrymo et de pouvoir procéderr facilement à des gardes à vue, nous n'aurins pas ces problèéems! Mais en Suisse et pluslargement en Occident, la police ne peut pas agir! De même, on ne devrait même pas devoir voter sur le renvoi des criminels étrangers (cela devrait être automatique)!

  • Lucky Luke le 12.01.2016 12:57 Report dénoncer ce commentaire

    Pas les compétences

    Le costard est trop grand pour Maudet. Entre les problèmes de sécu à Cointrin, les casseurs qui peuvent tout faire, et ses excuses bidons, son bilan est catastrophique...

  • Sophie le 12.01.2016 11:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On a gagné!!!

    Ici une bonne synthèse: rage.noblogs.org Et sérieusement vous n'avez rien de mieux à faire que d'exciter ces pauvres concitoyens en panique à la moindre petite tache au tableau de leur belle ville asceptisée??!!!

  • Yann Nonyme le 12.01.2016 10:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Des abrutis pour des actes stupides

    lacrymo, envoyer des chars et l'armée Suisse, limite ces gens on s'en fout, chômeurs longue durée, frustré parce qu'ils n'ont jamais suivi des cours à l'école, vu l'orthographe de m qu'ils nous proposent.

  • bunda le 12.01.2016 09:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    police pour quoi faire!

    La police est plus zélée à encaisser les amendes que d intervenir contre un groupe de crapules.