Genève

21 août 2019 14:19; Act: 21.08.2019 16:10 Print

Les pompiers à l'assaut du feu sur la cathédrale

par David Ramseyer - Un exercice géant a mobilisé les sapeurs professionnels en vieille-ville. Le scénario: un incendie a éclaté dans les combles de Saint-Pierre. Reportage.

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Alors que l'eau ruisselle déjà à gros débit sur le toit, un pompier s'engouffre dans l'étroit escalier de la tour sud de la cathédrale. Il gravit les marches raides, le souffle court sous son masque à oxygène. Arrivé au sommet, il hurle à deux collègues déjà affairés sur place: «Allez, allez, allez! Il faut brancher ça tout de suite!» En quelques secondes, une troisième lance à incendie est mise en service, connectée à une colonne d'eau dans l'édifice. Le feu, qui a pris dans les combles en bois centenaire, s'est étendu à la zone située juste en-dessous des sapeurs. «Là, ils doivent arroser pour protéger leur chemin de fuite», énonce calmement l'adjudant Nicolas Millot, du Service d'incendie et de secours (SIS).

Le souvenir de Notre-Dame

A 6h45, ce mercredi, l'alerte a résonné dans la caserne: de la fumée s'échappe du toit de la cathédrale Saint-Pierre. L'exercice, à échelle réelle, est lancé. Dans les têtes, il y a les images des flammes qui ont ravagé Notre-Dame de Paris, en avril dernier. Chaque année, les professionnels du feu s'entraînent sur des bâtiments historiques; mais ce matin à l'aube, la simulation est d'une ampleur toute particulière.

Une trentaine de pompiers sont engagés, dont les seize aspirants du SIS (parmi eux, deux femmes), qui achèvent leur formation. D'autres sapeurs sont en secteur d'attente, à la promenade Saint-Antoine. À part l'évacuation de blessés et d'oeuvres d'art, «on teste toutes les strates de l'engagement: la méthodologie, le matériel, la chaîne de commandement, les transmissions...», liste le patron du SIS, Nicolas Schumacher.

Dans une ruelle qui borde l'édifice religieux, un tuyau d'incendie a percé, l'eau inonde les pavés. Un sapeur se précipite pour chercher une lance de remplacement dans un camion, dont les gyrophares balaient les murs ancestraux de Saint-Pierre. Un peu plus loin, perché sur la grande échelle à 30m du sol, un collègue asperge les tuiles. En tout, six lances à main et deux lances-canon déversent 6600 litres d'eau par minute sur le bâtiment.

Nombreux pièges

Les véhicules du SIS cernent la cathédrale. Mais attention à ne pas les parquer n'importe où. «Il ne faut pas stationner au-dessus des catacombes, le sol pourrait s'écrouler, prévient Nicolas Millot. Nous avons évidement les plans précis du site, qu'on étudie une dernière fois sur le chemin de l'intervention.»

Ce n'est pas le seul piège que comportent les lieux. Les accès routiers à l'édifice sont exigus - «une de nos craintes en cas d'intervention réelle ici, c'est le véhicule de livraison qui bouche le passage», illustre Nicolas Millot. Le bâtiment est trop haut pour atteindre le sommet avec des échelles. Par ailleurs, le risque de propagation rapide du sinistre est important, car les deux tours et la flèche agissent comme d'immenses cheminées où l'air s'engouffre et alimente le feu. Les flammes risquent aussi de gagner les immeubles voisins, tout proches. Enfin, la flèche de la cathédrale est susceptible de s'effondrer.

Si un incendie majeur devait éclater à Saint-Pierre, le dispositif testé ce mercredi serait plus important, précise le SIS. Outre l'évacuation des immeubles alentour, «le périmètre de sécurité s'étendrait à quasi toute la vieille-ville, détaille le capitaine Frédéric Jaques, et une septantaine de sapeurs professionnels au moins seraient engagés».

«Rassurant»

Ceux sur le terrain, ce matin, ont désormais le temps de souffler. Il est 8h passé, le feu est circonscrit. Aspirante de 26 ans, Elodie Simonet garde en tête la montée à pied dans les tours. «Ah ça, il y a des escaliers, et ça fait grimper les pulsations!» La jeune femme décrit aussi les ordres multiples à la radio, alors qu'elle participait à une intervention d'une ampleur inédite pour elle. «Au début, c'est déstabilisant, il y a beaucoup de consignes données. Mais on s’acclimate très vite.»

Sur le parvis, le vice-président des Clés de Saint-Pierre, la fondation qui exploite les lieux, lève la tête vers une ouverture de la tour sud, où vient de s'éteindre une lance à eau: «C'était impressionnant, lâche Samuel Brückner. C'est aussi rassurant, à voir la vitesse à laquelle le dispositif a été installé. Les choses sont bien en place».

Interview du chef d'état-major du SIS


Les commentaires les plus populaires

  • MG - Genevois le 21.08.2019 14:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Naturalisé

    Je remercie les sapeurs-pompiers de leurs engagements.

  • Genfois le 21.08.2019 15:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    c'est super de réaliser des exercices de cette ampleur. Félicitations aux pompiers pour leur engagement.

  • Griotte le 21.08.2019 15:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Lisez l'article, RIEN ne brûle!

    Exercice les gars EXERCICE!

Les derniers commentaires

  • pipo92 le 23.08.2019 10:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vive la suisse

    On est en pas en France sa ne va pas prendre feu.

  • Avanchet le 22.08.2019 05:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'eau, denrée rare sur la planète

    Pour économie d'eau Prochain exercice Le jet d'eau

  • Marc le 21.08.2019 22:02 Report dénoncer ce commentaire

    Reflexion

    Il suffirait d'installer un SPRINKLER et 90 à 100% des problemes se résoudraient d'eux mêmes...

    • AntiTocard le 22.08.2019 12:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Marc

      Évidemment ! Merci Monsieur Marc, si vous étiez élu par le peuple, il n'y aurait plus aucun accident dans le monde et la police du feu au chômage.

  • 1223 le 21.08.2019 21:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Zéro pointé !

    90% des commentaires sont absolument consternants, le niveau intellectuel des intervenants me laisse dubitatif !

  • it le 21.08.2019 20:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ils sont prêt

    Maintenant qu'ils sont prêt il faut les amener au bresil pour sauver la forêt amazonienne