Meurtre à Onex (GE)

26 mars 2019 17:03; Act: 26.03.2019 22:33 Print

Poussé dans les cordes, l'accusé persiste et signe

par Léonard Boissonnas - L’homme qui aurait tué sa voisine en 2015 a continué à nier les faits mardi, malgré les évidences.

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Le procès de l'assassin présumé de l'aînée durera toute la semaine. (Photo: Keystone)

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«C’était un accident, on s’est disputé, je l’ai poussée, elle a basculé de tout son poids et s’est cognée contre le lit»: c’est en substance ainsi que le prévenu, un Portugais de 53 ans, a expliqué hier les circonstances dans lesquelles sa voisine de 73 ans a trouvé la mort, le 5 février 2015. Mis sur le gril par le Tribunal criminel au deuxième jour de son procès, l’homme s’est, comme la veille, enferré dans les contradictions, servant une version des faits pourtant infirmée par les actes d’enquête.

«Paniqué»

Le prévenu a expliqué qu’après la chute, «paniqué», il a épongé le sang qui s’écoulait «derrière la tête et de l’oreille» de la septuagénaire. Il est resté sans réponse face à un juge qui soulevait qu’il n’y avait de fracture ni sur le crâne ni sur des vertèbres. Si aucune trace de sang n’a jamais été retrouvée, malgré l’emploi du Luminol (ndlr: produit servant à détecter les taches sanguines), c’était parce qu’il avait «nettoyé» les lieux.

Quant aux gestes d’étranglement qu’il avait mimés devant un agent infiltré en prison pour le faire avouer, il ne les a jamais faits: «Il ment», a-t-il affirmé. Cet agent «a tout fait pour m’enfoncer», a-t-il ajouté. À la question de savoir pourquoi il n’avait pas avoué au procureur qu’il s’agissait d’un accident durant l’instruction, l’homme a expliqué que le magistrat ne l’aurait pas cru. Enfin, il a botté en touche quand la présidente lui a rappelé que ses proches le dépeignent comme une personne «machiavélique» ou qui a «toujours soif d’argent»: «Je ne sais pas pourquoi ils disent ça.»

Corps brûlé une semaine après

Le prévenu est accusé d’avoir fait venir sa voisine chez lui, le jour des faits. Selon le Ministère public, il aurait su qu’elle avait retiré près de 40'000 euros de son compte. Il aurait attaché et bâillonné l'aînée avant de l’étrangler (ce que le prévenu conteste). Il a reconnu avoir ensuite transporté puis abandonné le corps dans une zone boisée de l’Ain (F). Une semaine après, il est revenu le brûler «pour ne pas que ça sente mauvais et qu’on ne le trouve». Un geste qu'il regrette grandement, a-t-il dit.

Les experts psychiatres considèrent que cet homme souffre d'un «grave trouble mental» et qu'il existe chez lui une insensibilité et une absence d'empathie pour les autres. L'argent est très important pour lui, ont-ils relevé. Sa responsabilité est pleine et entière et le risque de récidive élevé.