Genève - France

01 juillet 2014 06:17; Act: 01.07.2014 06:17 Print

Premiers pas prometteurs de la brigade mixte

La brigade opérationnelle franco-genevoise, composée de deux policiers genevois et de deux policiers français, et entrée en service en mars dernier, a répondu aux attentes placées en elle et même au-delà.

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Le bilan est encourageant, a fait savoir lundi le conseiller d'Etat Pierre Maudet. (Photo: Keystone)

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L'expérience se poursuivra jusqu'à la fin de l'année au moins, a ajouté devant la presse le magistrat. Cette brigade, surnommée BOM par les Suisses et Minerve par les Français, est un projet pour l'instant unique en Europe. La coopération institutionnalisée n'a jamais été poussée aussi loin entre deux pays.

La brigade, basée à Annemasse (F), travaille plus de la moitié de son temps sur le terrain. Après quelques réglages inévitables, elle a montré toute son efficacité dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, particulièrement dans les domaines des cambriolages et du trafic de drogue.

Contrôles dans des hôtels

L'équipe d'agents franco-genevoise a permis plusieurs interpellations, dont deux personnes suspectées de meurtre, et a effectué de nombreuses perquisitions en France voisine. Elle a notamment procédé à des descentes dans des hôtels soupçonnés de servir de base arrière aux délinquants.

Les informations que la brigade a récoltées ont en outre permis le démantèlement de cinq équipes de cambrioleurs itinérants qui sévissaient à Genève et d'un réseau international d'escrocs. Les deux tiers des affaires dont s'est occupée la BOM l'ont été pour le compte de la Suisse.

La brigade mixte permet un traitement plus rapide des dossiers et une meilleure couverture du triangle Annemasse-Ambilly-Gaillard, a noté M. Maudet. Ce secteur a été placé par Paris en zone de sécurité prioritaire (ZSP) en raison de son rôle d'aimant pour les délinquants, qui sont attirés par la proximité de la Suisse.

Complications juridiques

Le bon fonctionnement de la brigade mixte n'allait pas de soi a de son côté relevé l'ambassadeur de France à Berne, Michel Duclos. Il a d'abord fallu surmonter plusieurs écueils juridiques et tomber sur des policiers qui puissent travailler ensemble, malgré des méthodes et des approches parfois différentes.

Le bilan positif de la BOM est de bon augure pour l'avenir et notamment dans la perspective de la mise en service du CEVA, le futur RER transfrontalier. Des mesures sécuritaires qui devront être prises dans ce nouveau contexte de mobilité croissante. Cette expérience «nous permettra de relever le défi», a indiqué M. Maudet.

(ats)