Genève

24 avril 2018 12:14; Act: 24.04.2018 17:49 Print

Près de 150 élèves frontaliers refusés

par Maria Pineiro - Un peu plus d'un tiers des demandes de dérogations faites au Département de l'instruction publique a été refusé.

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L'école de Bardonnex a été particulièrement touchée par l'augmentation du nombre d'élèves frontaliers dans les écoles genevoises. (Photo: jef)

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Les effets du durcissement de l'accueil des élèves domiciliés en France voisine commencent à se faire sentir. Dans sa réponse à la question écrite du député PDC Jean-Luc Forni, le Conseil d'Etat annonce que 141 refus ont été opposés à des demandes de dérogation pour l'année 2018-2019 à l'école obligatoire. Ces chiffres, datant du 28 février, montrent qu'un peu plus d'un tiers des demandes a été refusé.

Le gouvernement indique ainsi que 302 élèves frontaliers rejoindront les bancs de l'école genevoise à la prochaine rentrée. Il explique avoir appliqué les dispositions réglementaires «en vigueur depuis de nombreuses années». Celle-ci, n'accordent «aucune garantie de scolarisation à Genève pour les élèves domiciliés en France voisine (...). L'accueil de ces élèves se faisait par dérogation, dans la limite des places disponibles.» Le Département de l'instruction publique se borne à préciser: «Les règles ont été édictées et communiquées par le Conseil d'Etat. Elles seront donc appliquées.»

Une évolution conséquente

Actuellement, 1500 élèves frontaliers fréquentent l'école obligatoire genevoise. L'Exécutif précise avoir «pu observer une croissance importante du nombre de demandes de dérogation au cours des dernières années». Cette augmentation a généré un certain nombre de problèmes en« termes de locaux scolaires», d'évolution des «normes d'encadrement» ou encore de «gestion opérationnelle».

Le nouveau règlement entrera en vigueur dès la rentrée 2019. En attendant, le Conseil d'Etat avait annoncé que les dispositions actuelles seraient appliquées, soit des dérogations «dans la mesure des places disponibles». Il précise encore que ces refus ne provoqueront pas de fermetures de classes dans les établissements scolaires genevois.

L'auteur de la question écrite, le PDC Jean-Luc Forni explique que son parti milite contre la discrimination vis-à-vis des habitants du Grand Genève. «Nous voulons que les Suisses habitants de l'autre côté de la frontière soient considérés comme des citoyens à part entière. Il n'y a pas à les punir d'avoir choisi la France comme lieu de domicile», argue-t-il.

(mpo)