Genève

14 septembre 2018 17:59; Act: 14.09.2018 17:59 Print

Prison avec sursis pour un père de famille infanticide

par David Ramseyer - Un papa qui avait mortellement secoué son bébé a été condamné pour homicide par négligence. Sa responsabilité est légèrement restreinte.

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Une faute?

Le quadragénaire «ne pouvait ignorer les conséquences de son geste, sa faute est très grave», a relevé le président du Tribunal correctionnel, François Haddad. Ce vendredi, la justice a reconnu coupable un père qui avait secoué à mort son bébé de deux mois et demi, en mars 2015. L'homme a été condamné pour homicide par négligence. Il a écopé de deux ans de prison, avec sursis. Il devra aussi poursuivre le traitement médical dont il fait actuellement l'objet.

Lors de son procès, le papa avait expliqué avoir «paniqué» lorsqu'il avait constaté que son bébé «n’était pas réactif», alors que son épouse s'était absentée. La Cour a d'ailleurs indiqué ne pas pouvoir exclure que «le nourrisson ait été en mauvaise posture: un étouffement, par exemple». Elle a admis la responsabilité légèrement restreinte du prévenu, qui souffre de problèmes psychiques et physiques. «Il faut aussi tenir compte de la grande souffrance endurée par cet homme après la perte de son enfant», a noté le tribunal. Lequel a enfin relevé sa bonne collaboration et a salué son comportement lors de l'enquête.

Maltraitance infantile

N'empêche... Le papa «aurait pu - et dû - adopter un autre comportement», selon la justice. Déjà père une première fois, le quadragénaire avait suivi des cours prénataux qui insistent sur les dangers de secouer un bébé. Il connaissait ses problèmes d'impulsivité et de gestion de la colère. Son épouse lui avait fait remarquer sa brusquerie à de multiples reprises. «Le syndrome de l'enfant secoué est une forme de maltraitance infantile», a conclu la justice.

Défenseur du prévenu, Me Hayat s'est déclarée satisfaite de la sentence prise à l'encontre de son client, très éprouvé après le verdict. «L'enfermer aurait été une ineptie. La Cour a reconnu la peine subie par la perte de son fils. Il reste à espérer que cette famille puisse se reconstruire». La mère, le jumeau de la victime et la fille aînée vivent ensemble, le père est actuellement en foyer.

Représentant légal du frère du nourrisson décédé, Me Spira devrait a priori faire appel de l'acquittement du papa pour tort moral. «Qui sont les juges pour s'ériger en médecin et dire que le frère jumeau n'a pas et ne souffrira pas de cette perte?»