Genève

27 janvier 2020 22:37; Act: 28.01.2020 16:39 Print

Recours légitime contre une autoroute française

par Lucie Fehlbaum - La Ville s’oppose à un tronçon routier voulu par Paris. Un traité international alpin l’y autorise.

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L'autoroute ferait doublon avec le Léman Express. (Photo: Siac)

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Exploitants agricoles consternés, villageois craignant le bruit et la pollution ou encore éleveuse de chevaux redoutant la disparition de ses prairies: des français en colère s’étaient réunis lundi au Palais Eynard. Invités par Rémy Pagani, magistrat genevois, ils déploraient tous le feu vert de Paris à l’autoroute du Chablais. Cette deux fois deux voies de 16km relierait Machilly à Thonon-les-bains, concurrençant au passage le Léman Express, les émissions de CO2 en plus. Comble de la maladresse, la France a donné son aval neuf petits jours après la mise en service du réseau de trains transfrontalier.

Si ces associations hautes-savoyardes ont choisi Genève pour présenter les deux recours qu’elles déposent contre l’autoroute, c’est que la ville du bout du lac y ajoute le sien. Et de l’autre côté de la frontière, certains se demandent ce que la Suisse vient faire là-dedans. «Elle s’appuie sur la Convention Alpine pour questionner les agissements de la France, a expliqué Me Christian Huglo, avocat parisien. Ce traité international a une valeur supérieure à celle de la loi nationale.» Signé par tous les pays de l’arc alpin, l’accord, qui vise à protéger les Alpes, traite notamment de l’aménagement du territoire, des transports ou de la protection des sols.

Ce n’est pas la première fois que Genève combat une infrastructure française. Ville et Canton ont récemment déposé une plainte pour s'opposer à la centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain.