Genève

11 février 2014 06:24; Act: 11.02.2014 11:14 Print

SIG: des actions en berne inquiètent les experts

par Raphaël Leroy - Près de 300 millions ont été investis en titres dans l’hydraulique fin 2011. Mais leur valeur a dégringolé et rien n'apparait au bilan.

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Le 22 décembre 2011 à Berne, le directeur des SIG André Hurter (dr.), qui a démissionné depuis, signait l'accord avec le patron d'EDH Martin Steiger. (Photo: Keystone)

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Les Services industriels (SIG) jouent-ils une nouvelle fois avec le feu après l’affaire des éoliennes qui leur a coûté 46 millions de francs? La Cour des comptes enquête depuis deux mois sur un investissement de 300 millions portant sur de l'énergie hydraulique.

Actions chères et en berne

Fin décembre 2011, l'entreprise a mis la main sur 15,05% du capital de la société Energiedienst (EDH). Le but: assurer jusqu'à 15% de la consommation électrique genevoise. Les SIG ont acheté les actions d’EDH au prix unitaire moyen de 58,43 francs. Or, le cours du titre EDH valait au même moment 47,75 fr. à la Bourse suisse. «Surenchérir pour acquérir une part minoritaire dans une société est peu banal», s'étonne un spécialiste.

Autre problème: l'action a chuté drastiquement en deux ans pour atteindre aujourd'hui à peine 30 fr. Pourtant, le bilan 2012 des SIG n'en dit mot, se contentant d’actualiser le flux de liquidités futur estimé. «Ce flux sera à terme impacté par une telle dépréciation des titres, estime un expert-comptable. La réévaluation des investissements devrait donc figurer au bilan. Si les SIG décrètent que rien n'a changé, ils doivent au moins expliquer pourquoi.»

Pas de volonté de dissimulation selon les SIG

Inquiet, le député MCG Eric Stauffer a saisi la Cour des comptes à la mi-novembre. «Une fois de plus les SIG se distinguent comme joueur de poker avec l'argent des contribuables! Il est temps de faire le ménage», s'exclame celui qui est candidat à un poste d'administrateur ce printemps. Dans un rapport, KPMG, la société qui valide les comptes de la régie, se montre aussi perplexe.

«Il n'y a aucune volonté de dissimulation de notre part. Nous appliquons les normes comptables internationales (ndlr: IFRS) qui sont très strictes, assure la porte-parole des SIG Isabelle Dupont-Zamperini. Le cours des actions pour une société électrique comme la nôtre n’est qu’un indicateur, car nous sommes intéressés par la production d’énergie et non par la spéculation.» En interne, cette réévaluation des actions fait désormais débat avant le bilan 2013.