Genève

05 juillet 2019 06:14; Act: 05.07.2019 06:14 Print

SOS-Hérissons saturé par les accident de tondeuses

par Lucie Fehlbaum - Ces boules de piques sont toujours plus victimes des faucheuses. Les modèles automatiques s’avèrent les plus mortels.

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«Je n’en peux plus. Tellement d’accidents sont évitables!» Christina Meissner est consternée. La députée indépendante, fondatrice du refuge SOS-hérissons, soigne de plus en plus de ces petits animaux blessés par les tondeuses à gazon. Depuis le début de l’été, une bonne vingtaine ont atterri chez elle. «C’est beaucoup. La majorité a survécu, mais les lames ont été fatales à au moins cinq d’entre eux.»

Si la débroussailleuse à fil inflige son lot de dégâts, la tondeuse automatique se révèle une des pires ennemies du hérisson. «La journée, les petits ados fichus dehors par leurs mères pour apprendre à se débrouiller sont curieux. Ils cherchent le soleil et s’aventurent sur la pelouse», indique Christina Meissner. C’est là que le drame se produit. Les modèles haut de gamme détectent les animaux, mais ils sont coûteux. Et le problème se pose aussi la nuit, si l’appareil est enclenché avant d’aller se coucher. «L’humain a-t-il vraiment besoin d’occuper le jardin 24h/24h ? questionne la soignante bénévole. On ne réfléchit plus ni à l'énergie que ces appareils consomment, ni aux dégâts sur la nature. On n'a jamais été autant connecté et paradoxalement déconnecté de la réalité.»

La tonte maniaque de certains propriétaires de jardin cause également du tort aux petites boules de piques, qui dorment dans des nids en feuille au cœur des haies. Avec la chaleur, les hérissons peuvent s’étaler et les membres qui dépassent sont tranchés par les lames. En taillant la pelouse trop rase, on les prive par ailleurs de leur habitat. «Le compromis, c’est de laisser une bande un peu sauvage en bordure de jardin. Et idéalement un tas de compost», conseille Christina Meissner.