Genève

20 septembre 2016 09:42; Act: 20.09.2016 10:01 Print

Sac à dos hi-tech pour penser la ville de demain

par Julien Culet - Des chercheurs genevois ont mis au point une machine qui mesure la chaleur ressentie par un piéton. Le but: aménager nos rues pour qu'il y fasse moins chaud.

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Le porteur de la machine doit simplement marcher dans les rues. (Photo: jcu)

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«Les enfants nous demandaient si c’était nous qui mettions les Pokémon dans la rue.» Il faut dire que la machine conçue par le professeur Reto Camponovo et son équipe a de quoi intriguer. Portant un sac à dos bardé de capteurs sur les épaules, des chercheurs genevois de la Haute école de paysage, d’ingénierie et d’architecture (Hepia) sillonnent depuis le début de l’été la Cité de Calvin mais aussi Sion, Bâle, Zurich ou encore Lugano.

Cette récolte de données s’effectue dans le cadre d’un projet pilote de la Confédération sur le réchauffement des villes. «Avec le changement climatique, les températures tendent vers les extrêmes, explique le chargé d’enseignement Peter Gallinelli. L’enjeu est crucial car il ne faut pas que les zones urbaines deviennent invivables.»

Sac à dos de 5 kilos

Contrairement à un capteur fixe, le but de ce «microclimat-mètre» est de se mettre à l’échelle du piéton. «Nous mesurons les sensations de l’être humain pour comprendre pourquoi il fait chaud en ville et comment y remédier», explique Reto Camponovo. Il a fallu trois ans pour que la machine qui pèse aujourd’hui environ cinq kilos arrive à maturité. Deux sac à dos sont actuellement en fonction et deux autres sont en préparation.

Des capteurs relèvent notamment la vitesse du vent, le monoxyde de carbone, le rayonnement solaire ou encore le bruit. Autre donnée primordiale: la chaleur qui est répercutée par les surfaces entourant le porteur. «En plein soleil, la température du bitume peut monter jusqu’à 70 degrés alors que les surfaces vertes, comme le gazon, ont une température proche de celle de l’air», illustre le professeur. Toutes ces «promenades climatiques» sont filmées pour savoir avec précision la cause de variations.

Mettre les recherches en commun

Dans l’idéal, pour les chercheurs, il s’agirait de créer un réseau de villes européennes qui mettraient en commun leurs données, récoltées dans des conditions différentes. Les résultats seraient partagés avec les autorités, les architectes et les urbanistes. Ces recherches pourraient ainsi avoir des effets très concrets sur nos rues. «Aujourd’hui, quand une façade est rénovée, on pense surtout à l’esthétique. Or, une simple couleur peut avoir un impact sur la chaleur», indique Peter Gallinelli. Les travaux de l’Hepia seront présentés à Berne en novembre. Le rapport final du projet-pilote de la Confédération est prévu lui pour fin 2017.