Bilan annuel

08 février 2011 11:30; Act: 08.02.2011 17:23 Print

Saisies record pour les gardes-frontière

Les douanes suisses n’ont pas chômé en 2010. Les saisies de denrées alimentaires et de produits contrefaits ont notamment fortement progressé en un an.

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Les contrefaçons ont été nombreuses à ne pas passer entre les mailles du filet des douanes. (Photo: sha)

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La quantité saisie de denrées alimentaires passées en contrebande a pour sa part plus que triplé par rapport à 2009, a indiqué mardi l'Administration fédérale des douanes (AFD), lors de la présentation de son bilan d'activités 2010 à la douane de Bardonnex (GE).

Les produits les plus concernés par la contrefaçon ont été les articles de maroquinerie et les montres et bijoux. Ces biens représentent plus de la moitié des cas de saisie enregistrés en 2010. Viennent ensuite les vêtements et les accessoires comme les foulards, casquettes ou les lunettes de soleil.

Boom de la contrebande

Les denrées alimentaires ont représenté la majeure partie des marchandises de contrebande découvertes. Quelque 826 tonnes ont été interceptées, dont 565 tonnes de fruits et légumes et 57 tonnes de viandes. Les droits de douanes soustraits par ces trafics s'élèvent à 3,5 millions de francs, contre 2,1 millions en 2009.

L'AFD est également engagée sur le front de la lutte contre le trafic de drogue. Environ 77,8 kilos de haschich (48,7 kilos en 2009) et 79 kilos de marijuana (46 kilos en 2009) ont été saisis aux frontières. Les prises d'héroïne ont totalisé 31,5 kilos (29,6 kilos en 2009) et de cocaïne 180,5 kilos (280,2 kilos en 2009).

Le corps des gardes-frontière a par ailleurs arrêté et remis à la police en 2010 plus de 2500 personnes signalées pour les délits les plus divers. Il a aussi mis la main sur quelque 1500 documents falsifiés, a fait savoir l'AFD dans son bilan annuel présenté mardi à la presse, à la douane de Bardonnex (GE).

Le «hot spot» genevois

En choississant le canton du bout du lac pour sa conférence, l'AFD ne pouvait pas mieux coller à l'actualité. Genève est considéré comme un point chaud par les douaniers. Le chef du corps des gardes-frontière, Jürg Noth, a notamment rappelé les récents braquages à l'arme lourde qui s'y sont déroulés.

Ces opérations de grand banditisme «nous placent devant un grand défi», a concédé M.Noth. D'autant plus que les gardes-frontière à Genève sont en situation de sous-effectif depuis des années. En attendant la formation de recrues d'ici à 2012 pour combler le manque de personnel, des renforts ont été envoyés au bout du lac.

A l'approche des fêtes de fin d'année, une action concertée à en outre été menée avec la gendarmerie pour surveiller les points de passage vers la France. Le dispositif a été dissuasif, car très peu de cambriolages ont été constatés durant cette période, a relevé Claude Meylan, le commandant des gardes-frontière de Genève.

Avec les moyens du bord

«Je dois faire avec ce que le Parlement et le gouvernement me donnent», a souligné Rudolf Dietrich. Le directeur des douanes a admis jongler au mieux avec les effectifs à sa disposition, tout en soulignant que Genève n'a pas été oubliée. «Il y a aujourd'hui plus de gardes-frontière qu'il y a dix ans dans la région».

Sur les 338 gardes-frontières genevois, 124 sont affectés à l'aéroport. La nuit «nous avons sur le terrain entre 10 et 17 collègues», ce qui représente 5 à 6 patrouilles, a noté M.Meylan. En cas de besoin urgent, quelques hommes seraient aussi mobilisables aux douanes de Bardonnex et Thônex-Vallard.

Outre Genève, il existe deux autres points chauds en Suisse pour l'AFD. A Bâle, qui connaît aussi des problèmes avec la criminalité venue de France, les gardes-frontière ont bénéficié de renforts. Au Tessin, l'immigration illégale pose problème avec un afflux de migrants en brusque hausse depuis l'automne dernier.

(ats)