Genève

28 février 2020 10:45; Act: 28.02.2020 20:51 Print

Salon de l'auto annulé: les pertes seront fracassantes

par David Ramseyer - En raison du coronavirus, la manifestation n'aura pas lieu. Des centaines de millions de fr. de retombées s'envolent pour l'économie locale.

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Le salon de l'Auto restera au point mort cette année. En raison de l'épidémie de coronavirus, le Conseil fédéral a interdit ce vendredi toutes les manifestations de plus de 1000 personnes en Suisse, et ce jusqu'au 15 mars au moins.

Pour l'édition 2020 de la grand' messe de la voiture, prévue du 5 au 15 mars, c'est donc la fin de la route, avant même d'avoir démarré. Palexpo parle d'un «coup très dur» et évalue les pertes directes et indirectes pour l'économie genevoise à plus de 200 millions de francs. Pour l'infrastructure elle-même, dont plus de 30% du chiffre d’affaires annuel (ndlr: 94 mios en 2018) repose sur la manifestation automobile, ce sont environ 30 millions qui s’évaporent. Les billets vendus pour l'édition 2020 du salon seront remboursés.

Hôtels et restaurants sous pression

L’annulation de l’événement est aussi une «très, très mauvaise nouvelle pour l’hôtellerie genevoise», s’émeut la responsable d’un palace de la ville. Ce que confirme le PDG du groupe Manotel, Paul Muller: «Nos pertes seront conséquentes, mais elles sont aujourd’hui difficiles à chiffrer». Et pour cause. Les conditions d'annulation des réservations varient sensiblement selon les établissements, «tout comme les contrats passés avec des sites de réservations en ligne», ajoute Paul Muller.

D’après de nombreux acteurs de l’économie, l’absence du Geneva International Motor Show aura aussi un impact négatif sur la notoriété de la destination Genève, et touchera l’entier du secteur touristique du canton, dont les magasins et les restaurants. Pour ces derniers, le président de la Société des cafetiers nuance. Le temps où les visiteurs passaient plusieurs jours à Genève pour le salon est révolu, souligne Laurent Terlinchamp: «Aujourd’hui, ils viennent le matin et repartent le soir. A midi, ils ne vont pas en ville mais mangent sur place, à Palexpo». Sinon, le patron de la faîtière estime lui aussi que le dommage sera important en matière de promotion du canton à l’étranger, «mais il faut faire passer la santé avant l’économie».