Saint-Julien (F)

08 décembre 2013 19:20; Act: 08.12.2013 23:16 Print

Samedi, la manif', bientôt, les péages bloqués

par Jérôme Faas - Soixante frontaliers coiffés de bonnets rouges ont protesté contre la fin du droit d'option, qui leur permet jusqu'alors d'assurer leur santé en France ou en Suisse.

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Samedi, ils défilaient à soixante. Demain, promettent-ils, ils bloqueront les péages autoroutiers. (Photo: 20 minutes / jef)

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L'affaire, à les entendre, n'est pas que franco-française. Elle concerne bien des Suisses établis dans l'hexagone. La volonté du gouvernement Hollande de contraindre les frontaliers à s'affilier dès le 1er juin à la Couverture maladie universelle fait grincer des dents. Samedi, 60 manifestants coiffés de bonnets rouges ont défilé dans les rues pour protester contre une décision qu'ils espèrent encore pouvoir contrecarrer. «L'affaire n'est pas encore pliée, assurent-ils, le gouvernement a déjà montré qu'il pouvait reculer sur certains thèmes».

Péages autoroutiers en ligne de mire

Soixante manifestants, ils en sont conscients, ce n'est pas grand-chose, bien trop peu pour faire plier Paris. Jérôme, l'un de leur chef de file, employé dans une assurance suisse, espère faire entendre le message des frondeurs «qui vont d'ici jusqu'à Saint-Louis», près de Bâle, en bloquant les péages autoroutiers. Viry, Vallorbe et d'autres sont cochés à leurs agendas. «Et là, ce sont des Parisiens qui partent en vacances qui seront touchés.»

«De 400 à 1000 euros par mois»

Les bonnets rouges hauts-savoyards espèrent bien avoir gain de cause car, expliquent-ils, si la mesure passe, «l'impact économique pour la région va être terrible». Ainsi Claude, employé à l'Etat de Genève, détaille-t-il ses frais de santé. «Aujourd'hui, mon assurance me coûte 400 euros par mois. Si je dois passer à la CMU, cela me reviendra 1000 euros. Je ne sais pas comment je vais faire pour payer.»

Une perte importante pour les HUG

Plusieurs Genevois passés de l'autre côté de la frontière seraient également très ennuyés pour payer les traites de leur maison. Sans compter le désagrément certain de ne plus pouvoir se faire soigner aux Hôpitaux universitaires genevois, qui devraient perdre au passage près de 30 millions de francs suisses. «Nous demandons une gestion transfrontalière de la santé», plaident Jérôme et Claude.