Genève

03 juillet 2014 10:44; Act: 03.07.2014 11:43 Print

Signes religieux à l'école: interdiction biffée

Charles Beer voulait inscrire dans la loi l'interdiction de porter un signe religieux à l'école. Son successeur au Conseil d'Etat, Anne Emery-Torracinta, a biffé cette disposition.

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La nouvelle conseillère d'Etat à l'Education a bouclé sa version de la loi sur l'instruction publique. Anne Emery-Torracinta a réécrit le texte proposé par son prédécesseur Charles Beer. Changement notable: l'interdiction des signes religieux distinctifs à l'école a été supprimée. Aucune mention n'y est faite dans la loi qui date de 1940, ce qu'avait voulu corriger l'ancien conseiller d'Etat.

S'ils sont actuellement tolérés pour les élèves, mais prohibés pour les enseignants, c'est à la suite d’une jurisprudence datant de 2001. Une enseignante genevoise qui portait le voile avait été déboutée par la Cour européenne des droits de l'homme et avait dû le retirer. Charles Beer souhaitait l'inscrire dans la loi, ce que son successeur juge inutile.

Le texte d'Anne Emery-Torracinta est actuellement en commission. Le biffage soulève déjà des critiques, rapporte la «Tribune de Genève». Ce point doit être rétabli. La laïcité de l'école doit être claire et on ne peut pas seulement s'appuyer sur une jurisprudence qui date en plus de plusieurs années, estime notamment Olivier Baud, député d'Ensemble à Gauche.

La nouvelle cheffe du Département de l'instruction publique souhaite également une formation obligatoire jusqu'à 18 ans, tout en permettant aux jeunes en rupture de travailler. Par ailleurs, le nouveau texte prévoit un meilleur contrôle des autorités sur les écoles privées. Ces dernières devront respecter les objectifs des établissements publics. Cela fait suite à une polémique liée à la découverte, en septembre dernier, de deux écoles privées qui enseignaient le créationnisme en cours de science.

(jcu)