Genève aéroport

16 mai 2019 20:02; Act: 16.05.2019 20:03 Print

Soupçons de corruption: le mode opératoire

par Maria Pineiro - La société visée par l'enquête prodiguait des formations aux employés de l'aéroport dans des locaux d'une entité avec laquelle elle était liée.

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L'entreprise formatrice disposait, via une entité jumelée, d'une salle équipée de rayons X. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Le voile se lève sur les interpellations survenues mercredi. Selon plusieurs sources, l'homme arrêté hier en même temps que le chef de la sûreté de l'aéroport est le patron de la société SQS et de sa «filiale» Brain up. Il est notamment soupçonné de corruption active. Autrement dit, il aurait payé le haut cadre pour obtenir ses faveurs. Les deux hommes se seraient connus à Securitas.

La branche genevoise de SQS est active dans la formation à la sécurité. Sur son site internet, on peut lire ceci: «partenaire de la formation des agents de sûreté œuvrant sur le site de Genève Aéroport, SQS propose une large gamme de programmes de formation dans les domaines de la sûreté et de la sécurité». Elle se vante également de disposer «de l’unique salle de pratique représentant un point d’inspection filtrage complet comprenant tous les équipements standards dont une machine d’analyse radioscopique et portique de détection métallique».

Formations externalisées

D'après une personne active dans la sécurité à l'aéroport, dès 2017, les activités de formation ont peu à peu été externalisées au profit de SQS. «Les prestations du service interne de formation de l'aéroport ont été extrêmement réduites. Au final, même les employés de prestataires devaient se former via cette société, ce qui représentait quelques centaines de personnes.»

Les formations étaient dispensées dans les locaux de Brain up, une entité non inscrite au registre du commerce, mais dont le fondateur est le responsable de SQS à Genève. C'est Brain up qui dispose d'une salle équipée de rayons X, louée à 1600 fr. par jour. Par ailleurs, selon une personne bien informée, le service de formation interne à l'aéroport aurait été déménagé dans des locaux sous-loués à Brain up. Pourtant, «l'aéroport avait racheté le bâtiment IATA, il y avait de la place et pour les formations, et pour le service interne. Et cela aurait coûté beaucoup moins cher» conclut-elle.