Justice genevoise

22 mars 2011 17:47; Act: 22.03.2011 17:47 Print

Soutien bigarré aux cyclistes militants

par Irène Languin - Deux participants à la Critical Mass comparaissaient mardi devant le Tribunal de police. Ils y contestaient une amende pour organisation de manifestation non autorisée.

Une faute?

Il y avait foule, mardi, au Tribunal de police de Genève. Deux participants réguliers à la Critical Mass, une parade mensuelle à vélo contre la domination de la voiture dans l’espace public, y contestaient l’amende de 230 francs qui leur a été infligée pour organisation de manifestation non autorisée le 27 août 2010.

«La Critical Mass n'a pas de meneurs. Les seuls organisateurs sont les flics: ils sont devant, derrière, à gauche et à droite», a affirmé l’un des accusés, provoquant l’hilarité de la salle d’audience, où avaient pris place une cinquantaine de sympathisants, dont le conseiller administratif A Gauche Toute! Rémy Pagani et l'écologiste Pierre Losio, vice-président du Grand Conseil genevois.

Mouvement spontané

L’autre prévenu, Julien Cart, a expliqué le caractère spontané et non hiérarchisé de ce mouvement qui existe à Genève depuis 1998. S'il a reconnu avoir partagé l'événement sur son mur Facbook, le coprésident des Jeunes Verts genevois a également nié toute implication dans l'organisation du cortège.

Neuf personnes sont venues témoigner à la barre, dont le conseiller national genevois Antonio Hodgers. Ce dernier a expliqué avoir participé à la Critical Mass il y a une dizaine d'années. L'élu Vert a précisé qu'il n'y avait pas d'autorisation formelle mais un gentleman agreement avec Gérard Ramseyer, alors Conseiller d'Etat en charge de la sécurité.

Me Pierre Bayenet, avocat de la défense, a plaidé l’acquittement. «On accuse Julien Cart parce qu'il est politisé. Les autorités cherchent un interlocuteur responsable pour reproduire le lien qui existait à l'époque entre Antonio Hodgers et Gérard Ramseyer.» La Cour rendra son jugement ultérieurement.