Genève

04 avril 2019 13:53; Act: 04.04.2019 16:32 Print

Squatteurs de Malagnou (presque) alignés sur l'Etat

L'association Xénope est prête à signer un ordre d'évacuation de la maison qu'elle occupe, mais sous condition. Le Canton tique.

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Sous l'impulsion du collectif Xénope, des manifestants ont appelé à la défense du droit au logement et à des lieux de rencontre conviviaux pour toutes et tous, le 1er juillet 2017. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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«La lutte a payé», se sont récemment réjouis les étudiants qui, en 2014, ont investi une maison au 154 route de Malagnou (GE). Néanmoins, pas question pour eux de baisser la garde. Après avoir déjà obtenu en justice une première prolongation de leur bail, une nouvelle procédure est en cours. Mais fin mars, le Canton leur a soumis un accord, auquel le collectif estudiantin Xénope a répondu favorablement. Ce dernier indique, ce jeudi, être prêt à signer son ordre d'évacuation au 31 décembre 2022, comme le lui a proposé le Conseil d'Etat.

L’association ajoute cependant que si le projet d'aménagement ne devait pas être totalement abouti au 1er janvier 2023, elle veut alors bénéficier d'un sursis, jusqu'à l'adoption des autorisations de construire. «Une fois celles-ci octroyées Xénope offre la garantie par un accord scellé en justice de libérer les lieux dans les 30 jours», promet le collectif. Ce dernier s'engage aussi à «ne pas freiner le projet d'aménagement en recourant contre les autorisations de construire».

Proposition non négociable

Les conditions posées par l’association font tiquer le Canton, qui estime que son offre est à prendre ou à laisser: «Nous avons proposé à Xénope une dernière prolongation de bail jusqu’à fin 2022, date prévue de l’adoption du PLQ. Nous avons précisé que cette proposition était non négociable, insiste Roland Godel, chargé de communication du DI. Si Xénope devait la refuser, la procédure judiciaire se poursuivra. »

La semaine dernière, le Département a tenté une sortie à l'amiable du conflit qui l'oppose depuis des années aux squatteurs de Malagnou. Deux éléments ont changé la donne. L'adoption du plan localisé de quartier, qui prévoit la démolition de la villa, a été repoussée à fin 2022. Par ailleurs, l'Hospice Général, qui ciblait le terrain, y a renoncé.

(dra)