Genève

23 août 2019 16:48; Act: 23.08.2019 16:57 Print

Le chantier des Allières fait naître de la fureur

par Lucie Fehlbaum - Le quartier va accueillir un ensemble de 400 logements. Arbres abattus et maisons de maître détruites révoltent deux associations.

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SOS Patrimoine et Sauvegarde Genève accompagnées de leurs soutiens autour d'un arbre qui sera abattu. (Photo: lfe)

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Un «crime inexcusable», une «barbarie». Les mots choisis par les associations Sauvegarde Genève et SOS Patrimoine sont lourds. Ils décrivent les travaux du Plan localisé de quartier (PLQ) aux Allières, face à la gare des Eaux-Vives. Quatre maisons de maître y seront détruites, 24 arbres centenaires ratiboisés. Un quartier de 400 logements verra le jour. Le bal des pelleteuses avait déjà commencé vendredi matin, alors que les deux associations présentaient leur plan d'action à la presse et en présence de nombreux soutiens. Une visite a permis aux militants d'exposer les nombreuses souches déjà arrachées. «Détruire un environnement à cette vitesse c'est de l'ordre de l'atteinte aux droits humains, a clamé Leila El-Wakil, de SOS Patrimoine. C'est très déstabilisant, comme une guerre.»

Guerre à venir?

Les deux groupes exigent un moratoire sur les chantiers et la révision des PLQ. «Si quelque chose comme les Allières se reproduit, ça sera la guerre», a prévenu Jean Hertzschuch, de Sauvegarde Genève. François Bärtschi, député MCG ami de la cause des Allières, va déposer une résolution en urgence au Grand Conseil. Son texte demandera également un moratoire sur les destructions immobilières.

D'autres politiciens l'accompagnaient vendredi, à l'instar du Vert'libéral Jérôme Fontana. Selon lui, Antonio Hodgers (ndlr: Vert, président du Conseil d'Etat) «refuse d'admettre que le Plan directeur cantonal est à revoir». L'écologiste de droite estime que le futur quartier Praille-Acacias-Vernets (PAV) pourrait régler la crise du logement à Genève, mais est en veille «pour pouvoir aller bétonner pleins de petits endroits de verdure». D'autres soutiens ont abondé dans son sens. «Pourquoi avons-nous soudainement besoin d'autant de constructions, pour loger des personnes qui ne sont pas la population genevoise et ses enfants ?», a ajouté Leila El-Wakil.

Justice verte

Les défenseurs du patrimoine accusent le plan directeur cantonal de 2013 d'avoir causé un «développement mortifère» de Genève. Ils veulent faire «cesser immédiatement cette barbarie. Le massacre des Allières est inexcusable à l'heure de changement climatique, a tempêté Jean Hertzschuch. On se demande si la justice verte existe!» Leila El-Wakil a rappelé que son association avait «déposé plusieurs pétitions et fait recours contre cette mise à sac d'un écosystème entier en plein cœur de Genève, en vain».