Trois de Briançon

31 mai 2018 13:02; Act: 31.05.2018 16:02 Print

Les jeunes Genevois sont libres de revenir en Suisse

par David Ramseyer/ats - L'interdiction de quitter le territoire français faite à trois militants qui ont aidé des migrants à traverser les Alpes est levée. Leur procès sur le fond aura lieu cet automne.

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Les deux Genevois Bastien (gauche) et Théo (droite), à la sortie du Tribunal correctionnel de Gap (Hautes-Alpes/F), ce jeudi 31 mai 2108. (Photo: AFP/Jean-Pierre Clatot)

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Les Genevois Théo, 24 ans, et Bastien, 26 ans vont pouvoir rentrer chez eux. Tout comme une autre militante italienne de 27 ans, Eleonora. Ce jeudi, le Tribunal correctionnel de Gap (Hautes-Alpes) a levé l’interdiction qui leur avait été faite de quitter le territoire français, après leur arrestation fin avril pour avoir aidé des migrants à franchir la frontière franco-italienne dans les Alpes. Les «trois de Briançon», «soulagés», sont donc libres de regagner leur pays, mais aussi de circuler dans l'Hexagone.

«C'est une victoire d'étape», se réjouit le comité genevois de soutien aux militants. Celui-ci se félicite aussi de la mobilisation en faveur des jeunes gens. A leur sortie du tribunal, les prévenus ont été accueillis par les applaudissements nourris d'environ 300 personnes venues les soutenir, aux cris de «A bas les flics et les frontières!».

Confiants pour la suite

Sur le fond, la justice a renvoyé le procès de Théo, Bastien et Eleonora au 8 novembre prochain. Elle a invoqué une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur le «délit de solidarité», formule utilisée par les défenseurs des migrants pour qualifier les faits qui leur sont reprochés. Cette QPC doit encore être tranchée par le Conseil constitutionnel, qui a jusqu'à début août pour se prononcer. Le comité de soutien des militants se dit «confiant» sur la suite des procédures judiciaires.

Les «trois de Briançon» sont accusés «d'aide à l'entrée, la circulation ou au séjour d'étrangers en France», avec la circonstance aggravante de l'avoir fait «en bande organisée». Ils risquent jusqu'à 10 ans de prison et 750'000 euros d'amende. Leur action était une réponse à l'opération le même week-end d'un groupuscule d'extrême-droite, qui avait bloqué le col de l'Echelle (Hautes-Alpes), un «point stratégique de passage des clandestins».