Genève

05 avril 2018 15:45; Act: 05.04.2018 22:46 Print

Trop d'argent versé pour la campagne: élus en moins

par David Ramseyer - Ensemble à Gauche veut plafonner les dépenses électorales des partis. Des dépassements entraîneraient la perte de sièges au Grand Conseil.

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(Photo: dra)

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Achats à la pelle de pleines pages dans les médias, trams et bus décorés à foison. L’actuelle campagne pour les élections cantonales constitue «une surenchère jamais vue et malsaine» des moyens investis par certains partis, selon le député d'Ensemble à Gauche (EàG) Pierre Vanek. «C'est alarmant!» acquiesce sa collègue Jocelyne Haller. Candidate au Conseil d'Etat, elle juge que faire de la politique via un marketing forcené revient à «acheter» sa place au Grand Conseil: «Cela cause une inégalité entre partis, ce n'est pas bon pour la démocratie». La formation d'extrême gauche va ainsi déposer un projet de loi pour limiter les dépenses électorales cantonales.

Limiter les dons

Le texte prévoit qu'un parti qui débourse plus de 50'000 fr. devra inscrire son budget auprès de la Chancellerie au moins un mois avant le scrutin. Celui-ci sera rendu public. Le plafonnement est fixé à 2 fr. par électeur inscrit. «Aujourd'hui, cela représenterait un montant maximum de 523'000 fr.», précise Pierre Vanek, dont la formation chiffre à plus de 250'000 ses propres frais pour le scrutin de ce printemps. Les dons de personnes morales ou physiques domiciliées hors du canton seraient interdits, sauf pour celles travaillant à Genève ou pour les Suisses de l'étranger.

Tout dépassement, avec une tolérance de 10%, serait sanctionné par la perte de sièges. En clair, 30% de dépensé en trop équivaudrait à 30% de députés en moins.

L'argent pour s'offrir un parti?

L'idée de plafonner les frais de campagne n'est pas nouvelle à Ensemble à Gauche. Mais le parti ne cache pas que «la débauche de moyens de Genève En Marche et dans une moindre mesure du MCG», l'a interpellé. «La formation d'Eric Stauffer est grandement financée par un milliardaire brésilien sulfureux, dont les affaires ont fait l'objet de plusieurs enquêtes dans son pays», souligne Pablo Cruchon, candidat d'EàG au Grand Conseil. Pour Jocelyne Haller, le projet dévoilé ce jeudi constituerait justement «une entrave aux débordements financiers, pour éviter qu'un commanditaire, un lobby ou des individus avec des intérêts particuliers ne s'offrent des partis».