Genève

27 juillet 2019 11:49; Act: 27.07.2019 12:03 Print

«C'est à Uber de se plier à nos lois, non l'inverse»

par Maria Pineiro - Le conseiller d'Etat Mauro Poggia a fort peu goûté le message du patron d'Uber. Il dit sa volonté de faire respecter la loi

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Le conseiller d'Etat Mauro Poggia, chef du Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé (DSES). , (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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«Ce n'est pas alarmiste, c'est mensonger!» Le message vocal envoyé par Steve Salom, directeur d'Uber Suisse, aux chauffeurs opérant sur sol genevois ne passe pas aux yeux du conseiller d'Etat Mauro Poggia. L'élu estime que ce discours n'a pour but que d'inciter les personnes qui travaillent pour Uber à se ranger derrière son point de vue.

En réaction à ce nouvel épisode dans la bataille au sujet du statut de la multinationale, Mauro Poggia a tenu à être clair: Non, il ne souhaite pas fermer la plateforme. «Ma seule intention, c'est que Uber respecte la législation en vigueur.»

La question qui doit être tranchée est celle du statut de l'entreprise et des personnes qui travaillent pour elle comme chauffeurs. Uber est actuellement considérée comme un diffuseur de courses collaborant avec des chauffeurs indépendants et donc responsables de leurs cotisations sociales. Elle tient à le rester. C'est ce statut qui est mis en doute aujourd'hui. L'Etat pourrait estimer que la société est un transporteur. Auquel cas, les chauffeurs seraient des employés et il incomberait à l'entreprise de verser des cotisations sociales.

Longues procédures en vue

Si tel devait être le cas, Steve Salom, dans le message envoyé aux chauffeurs indique qu'Uber ferait valoir son point de vue en justice, mais devrait sans doute stopper ses opérations, le temps que les tribunaux tranchent. Un avis que ne partage pas Mauro Poggia, qui estime au contraire, que «compte tenu des possibilités de recours en justice et d'octroi d'un effet suspensif, ce n'est pas demain qu'Uber va mettre la clé sous la porte».

«Il y a une arrogance de la part d'Uber qui considère que la loi doit s'adapter à son modèle économique et non le contraire. Mais c'est à eux de s'inscrire dans notre ordre juridique», tonne le conseiller d'Etat qui ajoute que le message délivré par Steve Salom «est inquiétant, puisque il dit qu'Uber partira si la justice ne partage pas son point de vue».

Le Département de l'emploi a demandé à Uber de se positionner et d'apporter tout élément allant dans son sens d'ici la fin du mois de juillet. Néanmoins, affirme Mauro Poggia, «si leurs explications sont les mêmes que celles qui nous ont été fournies jusqu'à présent, alors nous statuerons sans doute en défaveur d'Uber. A savoir qu'ils sont un transporteur et non un diffuseur de courses, car les chauffeurs sont dans une relation de subordination hiérarchique, Ils doivent accepter des courses et peuvent se faire expulser de l'application en cas de mauvaise notation des clients».

Mauro Poggia insiste sur le fait que son but est de préserver les acquis sociaux et le respect de la législation. «Ceux qui se conforment à la loi doivent être convaincus d'avoir fait le bon choix. sinon, il y a disparition du contrat social.»

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Les commentaires les plus populaires

  • Jocelyne le 27.07.2019 12:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mme

    Mille fois bravo et vraiment courage Monsieur Poggia de ne pas se laisser impressionner par ces multinationales américaines et autres de vouloir dicter leurs lois sur le sol suisse et de tirer avantage pécuniairement sans devoir payer leurs charges fiscales comme toute entreprise.

  • Billy le 27.07.2019 12:16 Report dénoncer ce commentaire

    Les mêmes qui se plaignent ensuite

    Il n'y a aucun doute à avoir, ceux qui utilisent les chauffeurs précaires Uber pour leurs déplacements, se sont les mêmes qui gémissent comme quoi ils ne sont pas assez payé ou qu'ils sont sous stress dans leur travail. Tout le monde a à perdre avec Uber, car ils tirent vers le bas les conditions de travail. Après cela deviendra la norme d'être précaire. Diviser pour régner, tel est le slogan des puissants.

  • Jurgen Keller le 27.07.2019 12:17 Report dénoncer ce commentaire

    Une bonne réaction

    Enfin une réaction qui va dans le bon sens. Cela fait un moment que les politiques se laissent dicter la loi par des "entreprises" qui déstructurent notre tissu social. Ce que se permettent les grands trusts serait immédiatement puni de prison si il s'agissait d'un citoyen lambda. Comme Pilatus qui menace de quitter la Suisse et essaye de faire chanter la Confédération avec les places de travail. En fait c'est simple : places de travail contre permission de livrer des armes offensives et victimes innocentes. J'espère que Berne tiendra bon.

Les derniers commentaires

  • Dragon le 29.07.2019 21:30 Report dénoncer ce commentaire

    Misère globalisée

    A voilà, ça change de la politique ultra-libérale à la Maudet du PLR, qui en à rien à faire de la précarisation des salariés.

    • La Taupe le 30.07.2019 07:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Dragon

      ...précarité des retraités subventionnés à vie...

    • Marcel Meylan le 31.07.2019 16:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Furax

      Il travaillait bien avant l'arrivée du négrier Uber ces chauffeurs, les lois sont pour toutes les entreprises même pour les presses citrons entrepreneurs américains

  • pat le 29.07.2019 20:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    lese les

    vous ne voie pas les chose comme elle sont mon amis été au chômage 18 mois on lui a dit que il avait pas de travail pour lui avec sons handicape il n'a jamais voulu Ai il ce débrouille pour passe sons permis vtc il travail avec Uber il a voulus être indépendant faire les papier pour les cotisations comme indépendant et notre état lui dit non car il n'a pas le statut de indépendant car il travaille avec Uber je vous dit il y a plus de 800 chauffeur à Genève qui on besoin de ce travail pour vivre qui on envie de être indépendant au lieu de dépendre du social de Ai pour faire vivre Genève et depuis que Uber existe nous enfants et nous même pouvons sortir en soirée et rentre en sécurité car les accidents de la route on diminue voilà les les chauffeur être en règle pour ce faire indépendant pour que il y et plus des assistés a Genève car la vous m'êtes plus de 800 famille au social

  • Topographie le 29.07.2019 10:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    PCTN

    Avez-vous des nouvelles de Monsieur Raoul Schrumpf.

    • La Taupe le 30.07.2019 07:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Topographie

      Oui, il avec Gargamel...

  • Message le 29.07.2019 10:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Chauffeurs Uber

    Si Uber quitte Genève nous allons tous aux social.

    • Demande le 30.07.2019 11:53 Report dénoncer ce commentaire

      Cotisations

      Tu as cotisé ? Pour le social ?? J'espère.

    • GS le 18.08.2019 20:20 Report dénoncer ce commentaire

      uber

      C'est Ça vous ne méritez pas plus. Tant qu'indépendant vous n'êtes Pas sensé avoir plusieurs clients? Comment avez-vous obtenu votre statut d'indépendant auprès de la SUVA? En présentant des fausses factures? Comme la majorité des "indépendants" qui travaillent pour avec Uber

  • MG - Genevois le 29.07.2019 10:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Lac Léman

    Bonjour à toutes et à tous! La Plage des Eaux-Vives vous attend.