Genève

11 octobre 2019 16:25; Act: 11.10.2019 16:33 Print

«Genève est le canton le plus compliqué pour Uber»

par Maria Pineiro - La société américaine connaît une forte croissance en Suisse. Les différentes législations cantonales constituent pourtant une difficulté pour Uber.

storybild

(Photo: Keystone/Laurent Gillieron)

Sur ce sujet
Une faute?

Entre juillet 2018 et octobre 2019, le nombre d'utilisateurs actifs de l'application Uber est passé de 300'000 à 400'000 en Suisse. Vendredi, la société américaine a indiqué connaître une forte croissance dans le pays, sans toutefois vouloir révéler de chiffre d'affaires. Steve Salom, directeur d'Uber pour la Suisse, la France et l'Autriche, a par ailleurs révélé que «nombre d'internautes se connectent sur l'application depuis des lieux qui ne sont pas desservis, ce qui montre un potentiel de développement».

Néanmoins, la Suisse pose un certain nombre de problèmes à la plateforme, de par sa décentralisation. Ainsi, chaque canton peut légiférer et ajouter des exigences à la base légale fédérale. «Il y a des différences entre la partie romande et alémanique. Ces derniers sont moins interventionnistes, alors que les francophones ont des législations plus complexes. Genève est le canton le plus compliqué pour Uber», a déclaré Steve Salom.

Législations lémaniques

Au bout du lac Léman, le Département de l'emploi a demandé à Uber de prouver qu'il est bien un diffuseur de courses et non une entreprise de transports. A savoir, que la société américaine travaille avec des chauffeurs indépendants. «Nous correspondons au statut de diffuseur qui a été créé pour des entreprises comme la nôtre, a expliqué Steve Salom. Nous n'avons pas changé de fonctionnement, c'est l'interprétation des autorités qui a changé.» Le patron d'Uber Suisse, France et Autriche a indiqué que travailler avec des indépendants ne signifiait pas pour autant ne pas avoir de responsabilités envers eux. Il a rappelé que la société leur offrait désormais une assurance maladie et d'autres compensations. Pour l'heure, aucune décision n'a été prise à Genève.

Dans le canton de Vaud, la loi a également été modifiée, mais elle n'est pas encore entrée en vigueur. Ces réglementations compliquent l'obtention des autorisations d'exercer pour les conducteurs, estime la société. «Le nombre de chauffeurs ne croît pas aussi rapidement que celui des utilisateurs. Nous sommes en manque chronique de professionnels et ne pouvons donc pas offrir un service à la hauteur de ce que nous souhaiterions», a rappelé le patron d'Uber Suisse, France et Autriche.

Les chauffeurs tiennent à la flexibilité

Par ailleurs, Steve Salom a révélé qu'un sondage mené auprès des chauffeurs a montré que 75% d'entre eux veulent rester indépendants afin de pouvoir gérer leurs horaires et leurs vacances comme ils l'entendent. «Cette flexibilité est au centre de notre modèle qui ne peut correspondre au statut d'entreprise de transport telle que définie par le canton de Genève», a avertit le directeur. Selon les chiffres de l'entreprise, 70% des conducteurs, en Suisse, travaillent moins de 40 heures par semaine. Ils opèrent en moyenne 33 semaines par année.

Malgré les difficultés, le potentiel de développement est présent en Suisse. La multinationale entend bien s'implanter dans d'autres lieux que Genève, Lausanne, Bâle et Zurich. Ailleurs, Uber vise à devenir une entreprise globale de transports et a déjà implanté des services de trottinettes ou de vélos en libre service, comme à Paris ou Berlin. a Nice, un autre modèle est testé. A savoir que la société collabore avec les transports publics. «Nous devons innover afin de ne pas nous faire 'disrupter' à notre tour», a conclu Steve Salom.


L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Tal le 11.10.2019 16:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Précarité de l'emploi

    Très bien comme ça ! Cassez vous ! On veut pas de la précarisation du travail! C'est déjà compliqué alors créer encore plus de working poors qui en plus se berce d'illusion de croire qu'ils sont libre

  • Circo Loco le 11.10.2019 17:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'existence...

    ...même de Uber et de ses acolytes est en soi un scandale ; il est temps que toutes les grandes villes dans lesquelles ces brigands de grand chemin sévissent et traitent leurs sous-traitants comme des esclaves ferment leurs portes à Uber.

  • Fouad le 11.10.2019 16:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Uber et ces chauffeurs malhonnêtes

    Sachez que Uber est bien plus compliqué ! Je suis utilisateur Uber et je regrette un service aussi malhonnête !!! 20min pour Attendre une prise en charge, qui est annulée par chaques chauffeurs, par ce que le trajet est pas intéressant!! Que Uber commence par faire le ménage auprès de ces chauffeurs !!!

Les derniers commentaires

  • balayage Électorale le 24.10.2019 16:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    byeBye MCG

    vous voyez,,,MCG viré de Berne et a pris la méga gifle aux élections fédérales...a force de servir que les intérêts de certains groupes et ignorer la majorité de la population, voilà ce qu'il arrive,

  • shupashupa07 le 19.10.2019 01:00 Report dénoncer ce commentaire

    shupashups07

    Ce dont tu ne te rends pas compte, c est que uber arrange bien les etudiants et ceux qui travaillent deja à 50% par exemple et qui ont du mal a trouver du travail pour completer leur heures, et uber arrange aussi les immigrés sans formation, ça leur evite d etre sur l aide sociale etc. Et tu parle de precarité, mais va travailler en tant que plongeur ou aide de cuisine ou dans le batiment, et on en reparlera, de ta precarité imaginaire. Je pense que c est plutot à vous de vous casser, tous ceux qui viennent parler sans savoir, juste en lisant des magasines à la noix pour faire le buzz

  • Jean Rage le 16.10.2019 08:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Constat

    Genève est le canton où tout est plus compliqué qu'ailleurs!

    • astucaz le 01.11.2019 21:23 Report dénoncer ce commentaire

      FranGE

      Bien sur cest plus France que suisse...

  • Allez les Bleus le 14.10.2019 19:40 Report dénoncer ce commentaire

    Euphémisme

    Genève, petite république bananière déclinante, est le canton le plus compliqué pour tout, pas seulement pour Uber.

  • electeursGenevois le 14.10.2019 12:23 Report dénoncer ce commentaire

    suicides collectives

    Ce sera un suicide politique de mettre d'avantage de bâtons dans les roues de Uber. Ce sera aussi un suicide commercial si Uber ne baisse pas ses tarifs actuels.