Genève

26 juillet 2019 18:00; Act: 26.07.2019 19:27 Print

Uber annonce qu'il pourrait quitter Genève

par Maria Pineiro - Dans un message vocal posté sur WhatsApp, le patron d'Uber Suisse explique que l'existence de la plateforme est menacée.

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Uber et l'Etat se répondent par réseaux sociaux interposés. (Photo: Keystone/AP/Eric Risberg)

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«Bonjour à tous, je suis Steve Salom, general manager d'Uber en Suisse.» C'est par ces mots que débute un message de plus de deux minutes adressé aux chauffeurs de la plateforme numérique. Le patron de la branche helvétique de la société américaine a pris son micro en réponse aux articles de presse parus ces derniers jours sur le bras de fer qui l'oppose à l'Etat. Il dit vouloir répondre aux nombreuses questions que se posent ses partenaires. Le directeur explique que s'il perd, il quittera Genève.

Le ton est alarmiste: «Certains acteurs politiques ont fait part de leur intention de contraindre Uber à cesser d'opérer dans le canton de Genève.». Un peu plus loin, cette intention se voit concrétisée puisque Steve Salom indique que ces acteurs politiques «ont pris des mesures qui risquent de nous conduire à interrompre nos opérations à Genève».

Uber se dit en conformité avec la loi

Le directeur explique ensuite que Uber opère en tant que diffuseur de courses, alors que l'Etat veut qu'il soit sous le régime de transporteur. «L'administration du canton a très récemment modifié sa position. Elle estime que Uber doit devenir une entreprise de transport employant des chauffeurs» (lire ci-contre). Pour sa part, il estime que l'entreprise est actuellement en conformité avec le statut de diffuseur.

Steve Salom prévient qu'Uber ne peut être une entreprise de transports, «ce qui est totalement incompatible avec notre modèle. C'est aussi incompatible avec votre qualité de professionnels indépendants». Le patron indique que l'entreprise fera valoir ses droits en justice si nécessaire. Puis, il développe les conséquences d'une telle décision pour son activité et celle des chauffeurs: «Malheureusement, tout laisse à penser aujourd'hui que nous n'aurons pas d'autre choix que d'interrompre nos opérations jusqu'à ce que les tribunaux compétents statuent sur cette question.»

S'il réaffirme vouloir être un partenaire des autorités municipales et cantonales, Steve Salom conclut de manière catégorique: «Si nous ne sommes pas entendus, nous serons malheureusement obligés de cesser nos opérations définitivement à Genève.»