Genève

11 décembre 2019 14:55; Act: 11.12.2019 17:42 Print

Un bar est vandalisé: des féministes revendiquent

par David Ramseyer - Un établissement en Vieille-Ville, accusé d'être lié à l'extrême-droite, a été la cible de déprédations. Un groupe féministe clame sa responsabilité.

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Le bar Navy Syracuse, à la place du Bourg-de-Four, en Vieille-Ville, a été la cible de déprédations. (Photo: Google)

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«Nous avons brisé la vitrine du Navy Syracuse et avons recouvert la façade et l'intérieur de peinture», revendique un texte anonyme, titré «féministes 1 - fachos 0» et publié ce mercredi sur le site renverse.co. L'action contre cet établissement de la Vieille-Ville, place du Bourg-de-Four, a eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi. Ses auteures soulignent avoir «procédé en mixité-choisie, sans hommes cisgenre (ndlr: un homme ou une femme cisgenre est un homme ou une femme dont le genre ressenti correspond à son sexe biologique)». Alertée peu avant 3h, la police fait état de vitres cassées et de tags.

Acte idéologique

La revendication publiée en ligne accuse le bar d'accueillir régulièrement des membres de l'extrême-droite, raison pour laquelle il a été ciblé. On peut lire dans ce texte que «le fascisme est antiféministe par essence. Il porte dans son ADN l'avilissement des femmes». Les déprédations perpétrées contre l'établissement y sont donc présentées comme un acte d'«autodéfense antifasciste», puisque l'extrême-droite postulerait un rôle restreint pour les femmes, «renvoyées à la cuisine» et privées du contrôle de leur corps (avortement, contraception, etc.) par une idéologie «nationaliste et patriarcale».

Le directeur de l'établissement, Vincent Glauser, va déposer plainte. Selon lui, les dégâts sont importants et la partie restaurant de l'établissement est restée close ce midi. «On nous a collé une fausse étiquette mais je reste ouvert à la discussion. Nous ne faisons pas de politique; nous sommes des commerçants et nous accueillons des clients, quels qu'ils soient.» Le patron du Navy relève aussi que ses employés sont d'origines très diverses. Vincent Glauser précise enfin que dorénavant, il n’entend plus accepter de réservations de groupuscules politiques, «qu'ils soient de droite ou de gauche».

Déjà un précédent

Les lieux avaient déjà subi des dommages le 31 octobre dernier. Des militants antifascistes s’en étaient pris à de jeunes identitaires genevois, les Kalvingrad Patriotes, réunis dans l'établissement. Et ce, en réaction à une «tentative d'intimidation» de ces derniers devant un local estudiantin autogéré, affirme le texte de revendication publié ce mercredi, qui revient sur cet incident.

Après avoir aperçu trois nationalistes sur le trottoir, des «antifas» les avaient gazés et avaient jeté des chaises et des bouteilles. Il n'y avait pas eu d'interpellation, mais le propriétaire du Navy Bar avait déposé plainte pour dommages à la propriété.