Genève

16 juillet 2014 16:29; Act: 16.07.2014 16:37 Print

Un manager sèmerait la terreur au sein des TPG

Le Syndicat du personnel des transports (SEV) dénonce le management du responsable du secteur exploitation des Transports publics genevois (TPG) et l'inaction de la direction de la régie publique.

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Les conducteurs sont mis sous pression par des menaces de licenciement, selon le SEV. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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«Le mode de management de ce cadre supérieur est dangereux. Les employés sont déstabilisés par le climat d'angoisse», a indiqué mercredi devant les médias Valérie Solano, secrétaire syndicale au SEV. Les délégués syndicaux ont recueilli des dizaines de témoignages inquiétants depuis l'arrivée de ce responsable en 2012.

Menaçant et agressif, il a mis en place des conventions d'objectifs sur deux ans. Les conducteurs risquent d'être licenciés en cas de non-respect. En outre, les audits de sécurité sont utilisés pour réprimer les conducteurs qui ne respectent pas les consignes, critique le SEV. Alertée, la direction a demandé des preuves, mais personne n'est prêt à témoigner ouvertement.

Le taux d'absentéisme des conducteurs est élevé. Les horaires, l'isolement et le mode de management sont en cause. «Il manque 30 à 50 chauffeurs par jour. Certains, même proches de la retraite, sont en arrêt-maladie de longue durée pour dépression et burn-out», explique Vincent Leggiero, président de la section SEV-TPG.

Syndicat visé

En début d'année, le SEV a demandé au nouveau directeur général ad intérim d'ouvrir une enquête interne sur ce cadre. Ce dernier a alors déposé une plainte pénale pour diffamation à l'encontre de Valérie Solano. Pour le SEV, cette démarche, cautionnée par la direction, visait clairement le syndicat, majoritaire aux TPG. En mai, la justice a rendu une ordonnance de non-entrée en matière.

Mardi, la direction a accepté l'ouverture d'une enquête interne à condition qu'aucune conférence de presse ne soit donnée à ce sujet, a rapporté Mme Solano. Pour le SEV, les TPG n'ont tiré aucune leçon du drame d'août 2011. Un employé technique avait alors tué son supérieur sur son lieu de travail. «La responsabilité de l'entreprise est engagée» a souligné M. Leggiero.

De leur côté, les TPG indiquent que le directeur ad intérim, Christoph Stucki, rencontrera une délégation du SEV début août. Dans l'intervalle, aucun commentaire ne sera fait, a relevé Isabel Pereira, porte-parole de la régie publique.

(ats)