Genève

13 septembre 2018 06:59; Act: 13.09.2018 06:59 Print

Un papa accusé d’avoir secoué son bébé à mort

par Léonard Boissonnas - Un quadragénaire a comparu mercredi pour la mort d'un de ses enfants. Le prévenu risque de passer six mois en prison.

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Le nourrisson présentait des lésions cérébrales sévères quand il est arrivé aux urgences pédiatriques. Tous ses neurones ont été détruits. (Photo: iStock)

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Eddy* avait 2 mois et demi quand il a été admis aux urgences pédiatriques dans un état critique, ce 5 mars 2015. Présentant des lésions cérébrales sévères liées au syndrome du bébé secoué, il est mort huit jours plus tard quand il a été décidé d’arrêter les soins.

Accusé d’être responsable du geste fatal, son père avait, cet après-midi-là, la charge du petit et de son frère jumeau. Son épouse s’était absentée et sa fille, âgée à l’époque de 7 ans, se trouvait à l’école.

Mercredi, à l’audience, il a expliqué qu’il s’occupait de leur donner le biberon, quand il a constaté qu’Eddy n’était pas réactif. Inquiet, il l’a alors secoué: «J’étais en panique», a-t-il déclaré avant d’assurer: «Je ne voulais pas lui faire de mal.» Décrit comme impulsif, le prévenu a indiqué qu’à l’époque des faits, il prenait des médicaments suite aux séquelles d’un grave accident de scooter. «Je n’étais pas moi-même, j’étais comme un drogué»,
a-t-il dit. «Je voulais aider ma femme, mais je ne pense pas que j’étais capable de m’occuper seul des jumeaux.»

«Si je pouvais revenir en arrière...»

Egalement accusé d’avoir secoué Eddy à une autre reprise et d’avoir empoigné son frère violemment, entraînant des fractures aux côtes, le prévenu a affirmé devant les juges ne pas se souvenir de mauvais gestes avant le jour fatal.

«On voulait absolument avoir ces enfants. Je me projetais dans l’avenir. Ma fille voulait des frères, je me voyais déjà jouer au football avec eux. Si je pouvais revenir en arrière, je le ferais. Je ne vais jamais oublier Eddy», a encore dit le prévenu devant le Tribunal correctionnel de Genève.

Le Ministère public a réclamé 3 ans de prison, dont 6 mois ferme. La défense n’a pas contesté l’homicide par négligence, mais a plaidé l’acquittement pour les autres faits reprochés. Verdict vendredi.

* Prénom d’emprunt