Genève

29 septembre 2017 12:22; Act: 29.09.2017 14:09 Print

Un pont relié par deux tunnels pour franchir le lac

par David Ramseyer - Le Conseil consultatif a opté pour une traversée lacustre qui préserve les rives. Du principe à la réalisation, les étapes sont nombreuses.

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A environ 400m de la berge, la voiture plonge dans un tunnel puis émerge sur un îlot artificiel et s'engage sur le pont au-dessus des flots. Un peu moins de trois kilomètres plus loin, le véhicule s'engouffre dans un second tunnel, passe sous la rive et poursuit sa route sur le contournement autoroutier de Genève. C’est le scénario exposé dans le rapport final du conseil consultatif sur la traversée du lac, présenté ce vendredi.

Coûts et impacts mieux maîtrisés

Nommés par le Conseil d'Etat pour déterminer quel type de franchissement lacustre réaliser au-dessus du Léman - après que les Genevois avaient accepté le principe d'une traversée par 63% des voix, le 5 juin 2016 - les 22 membres du conseil ont choisi la variante tunnel-pont-tunnel. «Cette solution est plus facilement réalisable que si l'on avait opté pour un tunnel ou un pont seuls», argumente Raymond Loretan, président du conseil consultatif. Celui-ci souligne que les coûts de construction et d'exploitation peuvent être plus aisément maîtrisés avec pareil projet. En comparaison avec d'autres, «il a aussi l’avantage de réduire les nuisances sonores, de limiter l'impact environnemental et de mieux préserver la qualité de vie des riverains».

Le futur ouvrage sera-t-il suspendu, à haubans, accueillera-t-il aussi les piétons et les vélos? Il s'agit là de musique d'avenir pour Raymond Loretan: «Le rôle du conseil consultatif était de faire un choix entre un pont et un tunnel, mais nous ne préjugeons en rien du projet architectural. Laissons la créativité faire son oeuvre.» Un cahier des charges devra à l'avenir être constitué avant le lancement d'un concours d'architecture, sans doute au niveau mondial.

Dès 2030?

Le rapport final, désormais en main du Canton, est «excellent» juge Luc Barthassat, conseiller d'Etat chargé de la mobilité. «Toutes les grandes villes ont un périphérique, Genève en a besoin. Dans les 40 prochaines années, en attendant la téléportation, une traversée du lac est essentielle.»

Avant cela, et sans parler d'un éventuel nouveau scrutin populaire sur le projet définitif, il faudra aussi déterminer le mode de financement de l'ouvrage. Sa construction devrait coûter plus de 900 millions de francs. Les 14 kilomètres du bouclement autoroutier, avec le raccordement au réseau actuel, sont évalués entre 3 et 3,5 milliards de francs (ndlr: pont y compris). Selon le Canton, les voitures pourraient rouler au-dessus du Léman dès 2030.