Genève

24 juillet 2018 07:13; Act: 24.07.2018 16:51 Print

Nouveau concept en lice pour les Fêtes de Genève

par Lucie Fehlbaum - L'ex porte-parole de la manifestation a présenté son projet de festival aux autorités. Finis les stands, la noce se diffuserait dans tout le canton.

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Bernard Cazaban est pour l'instant le seul à avoir proposé un nouveau concept. (Photo: Laurent Guiraud)

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Des Fêtes de Genève qui tirent un trait sur les disparités locales, entre ville et campagne, rade bourgeoise et quartiers populaires. C'est le projet de Bernard Cazaban, ancien porte-parole de la manifestation à l'ère Genève Tourisme (lire ci-contre). C'est le premier, et pour l'instant le seul concept pour un retour de l'événement en 2019. Finis, les stands en file indienne autour de la Rade. Il propose onze jours de gastronomie, de musique et de spectacles à travers tout le canton. Les amateurs de manège trouveront leur bonheur au Port Noir, sur la rive droite et dans une moindre mesure à Plainpalais. Pour la première fois, les Organisations internationales compléteront ce tableau en organisant notamment un repas et des jeux de piste ludiques.

L'ADN du festival, c'est le label «Genève en Fête». Il identifie les restaurants et spectacles partenaires et leur impose un cahier des charges. «Chaque resto, bar, snack, crêperie ou établissement gastronomique du Canton peut accueillir les festivaliers s'il le souhaite. Et garder les recettes, je ne me mêle pas des affaires. Il faut mutualiser cette fête pour qu'elle soit rentable, affirme Bernard Cazaban. En supprimant les stands, on élimine le risque financier. »

Les partenaires seront tenus de proposer un menu abordable et des animations. «Un artiste connu, un musicien du quartier, de l'art de rue, un speed-dating, la liberté est totale tant que ça bouge. On doit se sentir en vacances au bar du coin.» Le prix du menu doit «permettre à tout le monde d'assister à tout». Pas de panique donc si Lady Gaga chante dans un cinq étoiles: des consommations abordables seront proposées. Autour de la rade, les stands de glaciers s'animeront aussi, «dans le respect total du voisinage. Concerts l'après-midi, spectacles qui se terminent à 21h: il faut combattre la pollution sonore».

Feu d'artifice maintenu
La culture estivale pourra aussi être «en Fête». Bernard Cazaban rêve de projeter le film d'ouverture du festival de Locarno à Ciné Transat. «Je ne veux prendre le travail de personne, mais donner envie aux Genevois et aux vacanciers d'explorer le canton, de passer de Musiques en été à Puplinge classique. Un site internet très bien fait coordonnera tout cela.» Sans déroger à la tradition, un feu d'artifice clôturera les réjouissances. Exit les gradins, le concepteur du projet penche pour 2000 chaises, à 50 francs, bénéficiant d'«une vue du tonnerre».

Dîner à l'ONU ou en suspension
«Genève en fête se pense sur le long terme. Au départ, il y aura des frileux. Mais le premier participant entraîne le second et lance l'effet boule de neige. La ville pourrait vraiment vibrer.» Bernard Cazaban pense ce concept depuis 5 ans et le peaufine depuis janvier. Plusieurs activités sont déjà concrètes. «L'ONU a dit oui pour organiser un grand pique-nique, le "dîner de la paix", au milieu de l'allée des drapeaux. J'ai aussi l'exclusivité romande sur une grue, qui embarque une tablée pour dîner à 30 mètres du sol.»

Canton pilote
Le projet a été présenté à Sami Kanaan, maire de Genève en charge de la culture, et à Pierre Maudet, conseiller d'Etat responsable du tourisme. «J'ai eu un retour des autorités, notamment cantonales, qui sont au centre de la décision.» L'Etat affirme avoir «formellement accusé réception du dossier, mais ne peut pas, pour l'heure, se prononcer au regard de ce projet». Pour la Ville, «le Canton doit être pilote. Nous ne pouvons pas être l'autorité de décision, précise le maire. L'Etat doit choisir quelle orientation il souhaite donner à cet événement: plutôt local ou touristique. Nous nous rencontrons bientôt.»