Genève

16 mai 2019 11:13; Act: 16.05.2019 12:42 Print

Aéroport: le rapport qui révèle les manipulations

La Cour des comptes tonne. Des attributions de marchés publics ont été entachées de graves irrégularités. La direction a fait preuve de légèreté.

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L'aéroport est dans la tourmente. (Photo: Keystone)

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L’aéroport de Genève se trouve en pleine zone de turbulences. Mercredi, il était le théâtre d’une opération de police. La brigade financière arrêtait son directeur de la sûreté et le Ministère public annonçait l’ouverture de deux procédures pénales, notamment pour corruption. Ce vendredi, la Cour des comptes a pris le relais. Elle a rendu public un rapport explosif, qui lui a été commandé début janvier par le Conseil d’administration de la plateforme aéroportuaire. Ses conclusions: deux attributions de marchés publics, en 2018, ont été entachées de graves dysfonctionnements - la Cour des comptes a d’ailleurs saisi le Parquet à ce propos, qui a ouvert une procédure pénale contre inconnu. Et la direction de l’aéroport, pourtant alertée depuis plusieurs années de l’existence de soupçons quant aux liens d’intérêts du chef de la sûreté, n’a pas effectué les vérifications suffisantes.

Marchés publics liés à la sûreté

Les investigations de la Cour des comptes concernent l’attribution, en 2018, de trois lots relatifs aux services de sûreté: l’accueil et le contrôle des files d’attente; le contrôle des bagages; le contrôle de l’accès au tarmac.

La Cour explique que, lors de chaque adjudication, un groupe de collaborateurs est constitué pour déterminer les critères d’adjudication, puis évaluer les offres reçues. La procédure est coordonnée par un chef de projet. Dans le cas présent, le directeur de la sûreté a été écarté de la procédure par sa hiérarchie, précisément pour éviter tout conflit d’intérêts. C’est son adjoint qui a été désigné.

La liste des dysfonctionnements majeurs

Malgré cela, des dysfonctionnements majeurs ont été constatés. Certains collaborateurs choisis pour traiter les appels d’offres n’ont pas été consultés. Aucune réunion de travail n’a été organisée. L’ouverture des offres a été effectuée par le directeur de la sûreté, pourtant écarté de la procédure. Il les a eues en sa possession, seul, avec une possibilité de les modifier, «alors qu’il a travaillé chez une société soumissionnaire et qu’il est ami du directeur régional d’une autre société ayant répondu à l’appel d’offres», soulignent les magistrats.

Notes modifiées en catimini

Ce n’est pas tout. Les collaborateurs ont disposé de moins de 48 heures pour analyser les offres. Un collaborateur censé se prononcer ne l’a pas fait. On ignore qui a évalué les offres à sa place. Aucune conciliation concertée des résultats n’a été réalisée, alors que certaines notations diffèrent d’un expert à l’autre. Et le pire: des notes de collaborateurs ont été modifiées sans leur accord, apparemment par le chef de projet. «La Cour constate que les changements de notes précités ont pu suffire à modifier les résultats de l’appel d’offres pour deux lots sur trois.»

Concluant à «un risque de fraude important», la Cour des comptes a donc saisi le Ministère public. On sait depuis mercredi qu’il a ouvert une procédure pénale contre inconnu concernant ce complexe de faits.

La direction tancée

La Cour souligne par ailleurs que la direction générale, pourtant au courant des soupçons pesant sur son directeur de la sûreté et au courant de ses potentiels conflits d’intérêts, n’a pas traité avec le sérieux nécessaire toutes les alertes, et n’a pas suffisamment examiné le bien-fondé de certains contrats. «Les vérifications de la direction générale n’ont pas été suffisantes et l’ont donc amenée à porter une appréciation erronée de la situation.»

(jef/mpo/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • boby le 16.05.2019 11:40 Report dénoncer ce commentaire

    panier de crabes

    Genève est un sacré panier de crabes

  • Gemme le 21.05.2019 00:12 Report dénoncer ce commentaire

    Franchement...

    Genève pue de plus en plus... Voilà quoi...

  • Tex le 16.05.2019 11:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il y a encore combien d'affaires?

    Genève République bananière!

Les derniers commentaires

  • Jimmy le 23.05.2019 15:26 Report dénoncer ce commentaire

    Genève Mérite Mieux

    Nous nous efforçons chaque jour de bien représenter la ville de Genève mais en contre partie les responsables des entreprises mandatés nous exploitent avec la connaissance de GA , c est la honte . GE mérite mieux.

  • Gemme le 21.05.2019 00:12 Report dénoncer ce commentaire

    Franchement...

    Genève pue de plus en plus... Voilà quoi...

  • Tintin le 19.05.2019 09:06 Report dénoncer ce commentaire

    Voleur ,menteurs ,escrocs, la devise

    Je propose que le drapeau genevois soit modifié ,pour que l'on supprime l'aigle et qu'il soit remplacé par un Crabe aux Pinces d'Or .

  • Jimmy le 18.05.2019 09:42 Report dénoncer ce commentaire

    Trop tard

    Dommage que les choses soient arrivées là pour enfin en tenir compte mais le mal est fait.

  • Yvonne Rieder le 17.05.2019 18:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi faire simple quand on peut faire à la gen

    Le prochain lièvre à lever sera le projet de la gare Cornavin reliée à l'aéroport et puis à Lausanne sans détours lieu du cul de sac actuel. On chiffre les travaux à venir à autour des 4,7 milliards et on les planifie au minimum pour les quinze voir trente prochaines années alors que si on suivait les plans d'origine, ( gare de Cointrin traversante) on pourrait relier Cointrin à Lausanne pour un quart du prix et bien plus rapidement. Si quelqu'un trouve une explication cohérente au maintient de la complication actuelle, je mange mon chapeau ! http://www.gerer.ch pour les plus curieux