Genève

22 juillet 2019 12:32; Act: 22.07.2019 12:43 Print

La Ville soupçonnée d'abattre trop d'arbres

par Lucie Fehlbaum - Le nombre d'abattages bat record sur record ces derniers mois à Genève. La Municipalité se justifie.

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En octobre 2016, la ville de Genève avait fait abattre 34 arbres malades situés sur la plaine de Plainpalais. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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La Ville serait-elle hypocrite dans sa gestion des espaces verts? Au début du mois, elle tirait la sonnette d'alarme quant à l'asphyxie de certains quartiers, dévoilant au passage son Plan stratégique de végétalisation (PSV). Ce gros chantier demandera 100 millions de francs d'investissements d'ici 2030 et vise à verdir, fleurir et planter des arbres à travers son territoire. Or Guilhem Tardy, fondateur de PilierPublic.com, attire l'attention sur une quantité record d'arbres abattus cette année. «2019 se démarque clairement des années précédentes, s'étonne celui qui a créé un outil pour simplifier la lecture de la «Feuille d'avis officielle» (FAO). Depuis janvier, les records s'enchaînent. En mai, par exemple, 42 avis ont été émis par la ville de Genève. C'est historique depuis qu'elle publie ces informations dans la FAO.»

Espèces du sud

Guilhem Tardy calcule une fourchette de 600 à 1200 végétaux supprimés en un an, soit entre trois et six arbres coupés à chaque avis publié. Il y en a eu 212 en douze mois. La Ville, qui cherche à tout prix à replanter, fait-elle preuve d'incohérence? En réalité, tout est question de réchauffement et d'essence d'arbres. «Il ne faut pas confondre la gestion courante des arbres et l'agenda de plantation, précise Daniel Oertli, chef du Service des espaces à la Ville. Notre mission est aussi d'abattre les arbres dangereux. La sécheresse leur cause de nombreux problèmes. Ils dépérissent et cassent.» Le défi est aussi d'imaginer les températures de la Genève future. «Nos espèces indigènes ne survivent plus, on doit donc replanter des espèces du sud.»

Plantation hivernale

Par ailleurs, chaque arbre coupé doit être replanté. Mais le timing n'est pas forcément immédiat. Les avis d'abattage, publiés par PilierPublic sur sa page Facebook, déchaînent les commentaires de Genevois furieux de vivre près d'un trou, là où se dressait auparavant un végétal. «Nous ne pouvons pas planter n'importe quand, explique Daniel Oertli. On enlève au moment où l'arbre pose problème, mais le semis se fait de novembre à début avril. Il faut donc parfois attendre.»