Genève

20 avril 2019 18:40; Act: 20.04.2019 18:47 Print

Une heure de sexe gratuit pour éviter l'amende

Nouvelles révélations dans l'affaire de corruption qui éclabousse la police genevoise. Des agents sous enquête travailleraient toujours dans le quartier chaud des Pâquis.

storybild

Lisa, le visage de la prostitution au bout du lac, s'est exprimée sur l'affaire qui éclabousse la police genevoise. (Photo: Printscreen/SRF)

Sur ce sujet
Une faute?

Plusieurs membres des forces de l'ordre sont soupçonnés d'être impliqués dans un scandale de corruption qui touche le milieu de la prostitution à Genève. Dans de nombreuses maisons closes aux Pâquis, une vingtaine de policiers auraient trouvé un moyen d'obtenir des faveurs sexuelles gratuites.

Lisa, le visage de la prostitution au bout du lac, s'est exprimée sur cette affaire qui éclabousse la police genevoise dans l'émission de la «Schweiz aktuell». Selon l'exploitante du salon Venusia (situé pour sa part à Plainpalais), les agents avaient leurs habitudes dans plusieurs bordels du quartier chaud: «Il n'y en a pas qu'un d'ailleurs, il y a plusieurs salons dans lesquels ils ont portes ouvertes, pour ne pas dire sexe gratuit. Après en avoir longuement discuté avec différents patrons de salons, on s'est rendu compte que, pour quelques-uns, une infraction c'était une heure avec une fille, parfois un petit peu plus. Mais c'est la seule chose que ça leur coûtait», explique-t-elle.

«Des vidéos de policiers recevant des prestations sexuelles»

L'affaire a été révélée il y a deux semaines par le site ghi.ch. La fouille du téléphone d'un proxénète a mis au jour de nombreuses photos et vidéos compromettantes impliquant des agents qui profitaient de faveurs sexuelles en toute impunité. Et selon Lisa, la pratique était bien connue dans le milieu depuis un petit moment déjà. «Aux alentours de 2010, il y avait des salons, plusieurs salons sur Genève, qui ont eu l'opportunité d'avoir des vidéos de policiers recevant des prestations sexuelles et ce, dans les couloirs. Ils n'avaient même pas pensé à rentrer dans une chambre où, là, ils pouvaient être sûrs de ne pas être filmés».

Une enquête a été ouverte par le Ministère public, qui s'appuie sur le travail de l’Inspection générale des services de police (IGS). Cependant, les agents incriminés continueraient de travailler dans le quartier chaud du bout du lac, selon «Schweiz aktuell».

(mst/jef)