Genève

11 avril 2019 06:28; Act: 11.04.2019 07:53 Print

Une incroyable série de couacs la prive de permis

par Jérôme Faas - Erreur de photo, d’adresses: une Portugaise joue de déveine et peine à obtenir son titre de séjour.

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Le cas d'Isa, à qui l'OCPM a présenté ses excuses mercredi, n'est pas isolé. (Photo: Keystone/Christian Beutler)

Une faute?

Cette fois, c’était la bonne. Après cinq mois émaillés d’absurdes contretemps, Isa* allait enfin obtenir son permis B. Le document se trouvait bien dans l’enveloppe envoyée par l’OCPM (Office cantonal de la population et des migrations). Sauf que... la photo n’était pas la sienne. Pire, c’était celle d’un homme, un inconnu.

Rui*, son mari, s’énerve. «Ma femme a un contrat de travail, un compte bancaire, mais à cause de ça, toujours pas d’assurance maladie. Attendre deux-trois mois, ok, mais il y a une limite!» Isa est arrivée à Genève le 1er novembre pour rejoindre ce Portugais naturalisé. Le 11, elle a transmis sa demande de permis à l’OCPM. «En janvier, je les contacte, relate Rui. Ils me disent: on a envoyé une demande de complément, vous n’avez pas répondu.» En fait, le courrier est parti au Grand-Saconnex à une adresse inconnue du couple, qui vit aux Pâquis. Deuxième essai, même scénario. Là, l’OCPM envoie sa lettre à Vernier, où Rui a vécu... voici 20 ans. La troisième tentative sera enfin un succès postal; mais un flop pictural. «Mais Isa ne peut pas être un homme! Nous avons donc renvoyé, le 4 avril, la page avec la mauvaise photo. On m’a dit qu’il faudrait encore attendre un mois et demi.»

L’OCPM, pour des questions légales, n’évoque pas les cas particuliers. Nathalie Riem, sa porte-parole, note néanmoins qu’il «n’est malheureusement pas à l’abri des erreurs humaines, en particulier lors des périodes de fortes sollicitations ou de formation de nouveaux collaborateurs.»

*Prénoms d'emprunt